Le bonheur arrive toujours sur la pointe des pieds. Tiphaine Hadet

 

On the road

Pour mon premier roman « feel good », j’ai choisi un road trip : le voyage de Camille, qui prend la route pour se rendre à la réunion annuelle de son improbable famille. Un périple plein de rebondissements. De l’amour, des chansons, des rencontres. Un road trip tour à tour émouvant et drôle, avec des personnages attachants – même les goujats et les perroquets, des dialogues percutants et des pauses sur l’autoroute qui donnent des envies de voyages… et d’amour. 

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Lumikko. Pasi Ilmari Jääskeläinen.

 

 

À la lisière du conte

Une épidémie qui s’attaque aux romans et en modifie la fin. Une société littéraire qui vit en huis clos et cache de lourds secrets. Un village qui place la littérature en son centre. Une disparition, et, qui plus est, celle de Lumikko, la célèbre auteur de littérature enfantine et fondatrice de la fameuse société littéraire. Lumikko est un roman entre conte fantastique et policier qui tient en haleine du début à la fin.

Ella, l’héroïne, est le dixième membre de la société secrète. Elle mène l’enquête sur la disparition de Lumikko et sur cette mystérieuse épidémie. Et, s’il est difficile de ne pas se perdre au début du roman, avec tous ces prénoms qui donnent l’impression de lire un catalogue Ikéa (même si l’on est en Finlande et non en Suède), l’intrigue bien menée et l’atmosphère fantastique nous aident à passer le cap. J’ai aimé les « jeux » aux règles perverses dans lesquels les auteurs de la société puisent leur inspiration. J’ai aimé la façon dont la psychologie des personnages est dessinée. L’écriture est fluide, et même si certains mystères restent entiers, la fin est… étonnante.

La photographie française existe, je l’ai rencontrée. Maison Européenne de la Photographie. Mars 2018.

Hommage.

Plus de trente ans de photographie française. Quarante huit photographes réunis. Des des images fortes, éblouissantes. Une richesse évidente. La réponse de Jean-Luc Monterosso à cette impensable affirmation faite dans les années 1980 par ceux qui « faisaient l’art » aux Etats-Unis et qui prétendaient que la photographie française n’existait pas résonne sur tous les étages de la Maison de la Photo. Une véritable revanche artistique. Une preuve irréfutable. Les reportages de Depardon, l’esthétique choc d’Orlan, les façades d’immeubles de Stéphane Couturier, la poésie de Sarah Moon, l’esthétique kitsch de Pierre & Gilles, l’avant-garde de Bettina Rheims, les voyages de Sebastiao Salgado… L’histoire est racontée dans chaque salle de la MEP, une histoire dont on sait qu’elle est loin d’avoir dit son dernier mot. Merci Monsieur Monterosso pour cette démonstration.

La photographie française est à la MEP jusqu’au 20 mai 2018.

Une femme au téléphone. Carole Fives.

Charlène au téléphone.

Charlène enchaîne les appels téléphoniques à sa fille et c’est ce qui constitue ce livre : une succession d’appels téléphoniques, comme des appels au secours d’une mère à sa fille. Une mère au bord de la dépression, une mère traversée par la maladie, mais aussi une mère qui ose tout. Qui transgresse les interdits et qui inverse les rôles. Drôle, émouvante, crispante, la voix de Charlène nous fait passer par une palette de sentiments. Et tour à tour, j’ai pris sa place. J’ai eu envie de lui répondre à la place de sa fille. J’ai eu envie de pleurer pour elle. J’ai eu envie de la rencontrer et de boire un verre avec elle… Touchante et toxique. L’un et l’autre. Une mère.

Jim Dine. Paris reconnaissance. Centre Pompidou, mars 2018.

Assemblages et langages

Objets, outils, sculptures, peintures et mots entremêlés, entrelacés. Assemblés. Sculpter, puis, si cela ne suffit pas, ajouter des objets, puis des mots… Et de fil en aiguille, créer autre chose. C’est ainsi que procède Jim Dine et c’est ce l’on voit ici. Des Pinocchio, si semblables et si différents, des Vénus, avec des outils, ou entourées de mots… œuvres au vocabulaire si particulier, jusque dans leur intitulé au son empli de poésie « My Tuxedo Makes an Impressive Blunt Edge to the Light » pour un costume suspendu sur une peinture, Nancy and I at Ithaca (Straw Heart) pour une botte de paille en forme de cœur, « the garden of Eden » pour un paravent… L’artiste raconte une histoire dans chacune de ses œuvres et l’on se laisse emporter par ce parcours plein de surprises. Un vent de poésie souffle sur le Centre Pompidou et sa nouvelle installation permanente.

Les 26 peintures offertes par Jim Dine sont au Centre Pompidou jusqu’au 23 avril 2018.

Sheila Hicks. Lignes de vie. Centre Pompidou, mars 2018.

Doudou.

Couleurs et douceurs. D’immenses lianes aux couleurs éclatantes tombent en cascades du plafond, entremêlant leurs racines au sol. Des ballots géants empilés forment un rocher moelleux rouge et orange, qui donne envie d’y plonger et son reflet dans la vitre le mêle à la vie. Des panneaux de fibres et de pelotes, petits et grands entrelacent leurs couleurs dans un clin d’œil aux jeux de notre enfance. Une joie pleine d’innocence s’installe au gré du parcours et l’on ressort de ce bain de couleurs comme d’une cure de jouvence : le sourire aux lèvres.

Les lignes de vie de Sheila Hicks sont au Centre Pompidou jusqu’au 30 avril 2018.

 

César. La rétrospective. Centre Pompidou, mars 2018.

Pouce.

Pas de chronologie, pas de cloisons. Le 6è étage du Centre Pompidou est entièrement paré de César. La vue est somptueuse, étonnante de classicisme et de modernisme à la fois. L’œil embrasse d’un seul regard les 130 œuvres exposées et les 5 gestes de l’artiste : soudure, compressions, empreintes, expansions et enveloppages.

L’esturgeon sur son piédestal nous (ac)cueille, suivi par l’immense chauve-souris qui projette son ombre sur le mur puis par le bestiaire créé par l’artiste, empruntant la technique du Fer soudé à l’industrie. Plus loin, les compressions captent notre regard, en particulier la Dauphine rouge totalement aplatie qui habille un mur entier. Du véhicule prêt pour la casse à l’œuvre d’art, César Baldaccini franchit le pas avec audace et panache.

Plus loin, au chapitre des Empreintes humaines, se trouvent les moulages réalisés par l’artiste. Dans ce domaine classique, c’est la démesure qui surprend. L’artiste moule et agrandit son propre pouce, testant de nouvelles matières, dont la résine, synthétique. Ce pouce, dont un modèle de 6m figure sur la piazza du musée, offrant un avant-goût de l’exposition.

Les expansions suivent, coulées de couleur aux formes étonnantes, doré, noir ou violet. Les dimensions sont, là aussi, impressionnantes. Les enveloppages surprennent et enchantent, une Underwood, un téléphone en bakélite, une paire de souliers pour femme, un ventilateur, des outils, objets du quotidien emballés dans du plexiglas transparent, comme figés dans le temps.

Et le parcours s’achève avec « la Suite Milanaise », 15 compressions de carrosseries d’automobiles Fiat dont les couleurs donnent leur nom aux œuvres et font face à deux compressions plates.

Une rencontre avec l’artiste absolument réjouissante qui lui redonne sa place dans l’histoire.

César habille le Centre Pompidou jusqu’au 26 mars 2018.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Harper Lee

 

 

 

J’ai 8 ans.

Scout, 8 ans, est le conteur et c’est une des particularités de ce roman. Elle a un grand frère – Jem, une nounou – Calpurnia, est élevée par son père – Atticus et aussi un peu par sa tante – Alexandra, qui veut absolument faire d’elle une dame. Une autre particularité est que l’histoire se déroule dans une petite ville d’Alabama à l’époque de la grande dépression, dans les années 1930.
C’est à travers le regard de cette enfant et avec ses mots que nous suivons le procès de Tom, un noir, accusé d’avoir violé une blanche, défendu par son avocat commis d’office, qui n’est autre que le père de Scout.
Incompréhension, tristesse et angoisse se mêlent, mais surtout innocence de l’enfant face aux injustices les plus grandes. Amusement aussi, puisque le procès n’est pas au cœur de l’histoire. Ce que nous suivons, c’est la vie de Scout et ce qui est important pour une enfant de 8 ans, c’est-à-dire, son grand frère protecteur qui entre dans l’adolescence et la laisse perplexe quant à son attitude, son père, son héros, Calpurnia, sa fantastique et dévouée nounou, sa tante, avec laquelle elle n’est jamais d’accord et son étrange et mystérieux voisin.

Je suis entrée dans l’histoire avec des réticences quant au regard de Scout, je n’étais pas sûre d’apprécier de suivre une histoire avec les yeux d’une enfant. Mais au fil des pages, je me suis laissée prendre par les sentiments. Par les personnages et les relations. Par cette innocence et cette naïveté face à l’absurdité du monde et de ses inégalités. Par l’Histoire aussi. Et j’ai compris pourquoi cet « oiseau moqueur » est considéré comme un classique, couronné par les critiques comme par le prix Pulitzer en 1961.

Women House. Monnaie de Paris. Décembre 2017.

Girl Power!

Elles sont 40. Elles viennent des Etats-Unis, du Mexique, d’Iran, de France, du Portugal ou d’Allemagne… Elles ont œuvré dans les années 1920 mais sont aussi nos contemporaines. La Monnaie de Paris leur dédie le palais du 11 quai Conti pour une exposition où l’espace domestique et le féminin dialoguent et se chahutent. Photographie, vidéo, sculpture, collage, tissage… Huit chapitres. 1000m2. Et autant de visions. Humour, puissance, douleur, délicatesse, poésie… Sur tous les tons, ces artistes replacent les femmes au cœur d’une histoire dont elles étaient exclues, les sortant de ce foyer-protecteur-prison.

Les regards décalés de Cindy Sherman et l’humour noir de Birgit Jurgenssen font sourire au premier chapitre « Desperate Housewives ». L’emprisonnement de Martha Rosler et de Lydia Schouten bouscule au chapitre deux « La Maison cette blessure ». Les armoires de Claude Cahun, ou de Kirsten Justesen choquent au chapitre trois inspiré par Virginia Wolf et « une chambre à soi ». Le chapitre quatre et les « Maisons de Poupées » de Penny Slinger et Laurie Simmons effraient un peu. Un glissement poétique se fait sentir au chapitre « Empreintes » et « Construire, c’est se construire ». Le chapitre sept et les « Mobil’Homes » est un peu plus explorateur et engagé. Et l’on arrive au chapitre huit et aux célèbres « Femmes-Maisons » dont les porte-parole sont Nikki de Saint-Phalle et ses Nana et Louise Bourgeois dont la monumentale Spider trône, protectrice et envoûtante, dans le somptueux salon de la Monnaie de Paris. Dans les cours de la Monnaie, sont exposées une « Nana » monumentale et colorée de Nikki de Saint-Phalle, l’impressionnant « salon de coiffure » de Shen Yuan où s’entremêlent fibres de chanvre et œufs, et la délicate prison dorée, intitulée « Théière » de Joana Vasconcelos. La femme est l’avenir de l’homme…

Célébrez les femmes à la Monnaie de Paris jusqu’au 28 janvier 2018.

 

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