Extravaganza.

Follia Continua. Les 25 ans de Galleria Continua. 104. Octobre 2015.

Une ronde de Vespa, une arche de vélo, un labyrinthe débouchant sur une tempête, un vaisseau échoué, des chaises longues en hamac et béton… Spectacle !

Toute en finesse et en générosité, l’exposition dédiée aux 25 ans de la Galleria Continua est aussi poétique que grandiose. Pas de thème, pas de chronologie… Pourtant, l’espace totalement investi du 104 entre en résonance avec les artistes.

Une pléiade d’œuvres et d’émotions, dont certaines marqueront les esprits, comme ces moments de poésie à la lecture des « good news, bad news » de Nedko Solakov installées sous des spots dans le noir, ou encore l’ange littéralement tombé du ciel de Sun Yuan et Peng Yu. Sous la halle, le monumental Stacked, temple de vélos d’Ai Wei Wei, impressionne tant par son gigantisme que par sa précision et sa régularité. Le vaisseau échoué d’Antony Gormley (Vessel) laissera pantois. Moins imposante, la bouche d’égout sortie du sol et tapissée de moules de Sislej Xhafa, intitulée Broodthaershood, clin d’œil à l’œuvre de Marcel Broodthaers imprimera un sourire sur nos lèvres. Mais que dire des corps naturalisés des chevaux suspendus dans le noir de Berlinde de Bruyckere et de la pesanteur qu’ils déploient… À l’opposé, le cabinet du psychanalyste de Leandro Erlich cède toute la place à l’interprétation et chacun jouera son rôle comme il l’entend. À la fin d’un étroit couloir blanc, on se laissera emporter par la mini tornade d’Anish Kapoor (Ascension), grisante expérience. La barque aux petits soldats et la baignoire de Barbie de Chen Zhen (Six Roots Enfance) dialoguent avec l’empilement d’ustensiles de cuisine soudés de Subodh Gupta (5 Offerings for the Greedy Gods) et l’immense anneau fait de débris de miroirs reliés par des fils métalliques de Kader Attia (Ring Theory), racontant une histoire d’enfance comme un songe d’Alice. Au fil des Oculi aux Tondi de Daniel Buren, les salles et les ambiances se succèdent pour arriver au très festif Troisième Paradis et ses 346 cymbales de Michelangelo Pistoletto…

Au total une cinquantaine d’artistes et d’œuvres, un festival à ne pas rater !

Embarquez pour la Follia Continua au 104 jusqu’au 22 novembre 2015.

500 millions de chinois…

Avec motifs apparents. Exposition collective. 104. Mai 2014.

Cinq artistes. Cinq visions monumentales. Une seule idée. Montrer la réalité, à peine masquée sous des œuvres, histoire de séduire le regard et de susciter l’interrogation. « Avec motifs apparents » est une histoire en cinq tableaux.

Premier tableau : la « déprime passagère ». Celle de Xavier Julliot. Transformant l’architecture d’un château d’eau, l’artiste fait le vide, crée le vide, suggérant l’espace. Un escalier qui ne mène nulle part, des sièges pris dans les murs, un puits de lumière sans fenêtre… Inquiétude.

Le second tableau est écrit par Pascale Marthine Tayou et son « Empty Gift », sphère immense entièrement couverte de paquets cadeaux. Noël ? Anniversaire ? Débauche de cadeaux, fêtes commerciales ou générosité ? La terre comme un cadeau géant ? Chacun interprètera cette œuvre comme bon lui semblera. Ce qui compte c’est le geste, comme le dit l’artiste. Plaisir d’offrir…

Dans la seconde salle, ce sont les chants des oiseaux qui nous accueillent, suivis de près par la vision de murs entiers de nichoirs d’où s’échappent les piaillements. Des écrans diffusent des images de Favelas et l’on comprend le lien fait par l’artiste. Poésie de la métaphore pour une réalité bien plus crue. Suggestion.

Une troisième salle met en relation les gens entre eux, autour de tables et de chaises, connecte des objets avec des câbles et des fils… et l’on comprend au titre « court-circuit » le sens de cette mise en scène, comme un défi à la réalité. Plus les relations sont simplifiées physiquement et plus elles sont complexes ? Paradoxe.

Sous la halle, le regard est saisi par le troisième tableau : les Terracotta Daughters de Prune Nourry. Une armée composée exclusivement de filles, si semblables et pourtant toutes différentes. La question du déséquilibre démographique en Chine est à peine habillée par l’œuvre. Inspirée de la célèbre armée de Xi’an, l’artiste a réalisé 8 modèles, puis travaillé avec des artistes locaux pour créer 108 Terracotta Daughters. Une salle diffuse un film réalisé par l’artiste où l’on en apprend plus sur la genèse et la réalisation du projet. Stupeur.

Quatrième tableau : « Le propre de l’homme », mis en scène par Jérémy Gobé redonne vie à des objets en les habillant de tricot, sens dessus dessous… Jusqu’à en recouvrir intégralement les murs d’une pièce, la déformant par endroits et créant ainsi des volumes pour le moins inquiétants… Proche des délires à pois de Yayoi Kusama. Psychotrope.

Le cinquième tableau est réservé à Chen Zhen et sa « putrification room », où les objets usuels sont ensevelis sous une boue argileuse, représentant sans détour la réalité d’un air vicié… Morbide.

Le 104 propose ici cinq tableaux, cinq œuvres monumentales, avec, pour motif apparent, de se laisser séduire.

Les Motifs Apparents se dévoilent sans détour au 104, jusqu’au 10 août 2014.

Beautiful Pop Day.

Keith Harring, the political line, Musée d’Art Moderne et centquatre, juillet 2013

Keith Harring, son trait si reconnaissable, ludique ascendant provocateur…  Pour une des premières journées d’été, je trouvais que le programme entre Musée d’Art Moderne et centquatre était plutôt pas mal ! Mais je ne m’attendais pas à une telle surprise, malgré le titre « the political line » qui donnait pourtant le ton. Les critiques que j’avais lues ne m’avaient pas non plus préparée à cela… J’ai réalisé que je ne connaissais pas du tout Keith Harring et j’ajouterais que cela a été pour moi une belle découverte. Pour Axel aussi d’ailleurs…

La scénographie au Musée d’Art Moderne présente tous les « combats » de l’artiste, de l’argent au racisme en passant par les guerres, la religion, le sexe, la télévision et les ordinateurs ! Chaque œuvre délivre un message, qui est plus qu’aisément décrypté… et mis à portée de tous, y compris les plus jeunes ! Le sida fait évidemment partie de l’exposition, puisque Keith Harring, avant d’en mourir a tenté, à travers son art, d’informer sur les dégâts causés par la maladie. Engagé jusqu’au bout !

Au 104, on passe aux monumental, sculptures et toiles géantes sont exposées, en extérieur et en intérieur. Le Pop Shop est posé là et les dix commandements aux couleurs criardes hurlent les messages bibliques et laissent pantois ! Grandiose Keith Harring…

Révisez vos dix commandements, jusqu’au 18 août au Musée d’Art Moderne et au Centquatre.

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