Galleria Continua, Les Moulins. Mai 2019

XXL

Sortie de ville. Une papeterie au milieu des champs. Le regard se pose au loin. Pas d’immeubles, pas de boutiques, pas de trottinettes… L’espace, enfin. Et l’art. Une conversation.

Ici, en rase campagne, la Galleria Continua a transformé le lieu en centre d’art contemporain. Une exposition collective avec pour trait commun des espaces bruts et les dimensions extraordinaires des œuvres.

Une table et des chaises de jardin surmontées d’une inscription au néon accueillent le visiteur : Paradiso. Entrée en matière… Un peu plus loin les drapeaux et fresques aux rayures multicolores de Daniel Buren et l’arbre à palabres de Pascale Marthine Tayou interpellent. Les 10 000 mètres carrés du Moulin se déplient au fil d’une visite aussi immersive qu’éblouissante.

Dans une première salle surdimensionnée, les vitrages habillés par Daniel Buren jettent une lumière colorée dans l’espace alors que l’Arte povera de Michelangelo Pistoletto prend la forme d’un bouddha qui trône au sommet d’un amoncellement de chiffons multicolores. Une opposition chère à l’artiste entre le sacré et le « jetable ». En dialogue, Pascale Marthine Tayou déploie son univers foisonnant en référence au colonialisme mais aussi au « jetable » : masques, colonnes totems, poupées, mobiles en formes de fleurs, mur « végétal » dont les fleurs sont des sacs en plastique. Et surtout une ville, Diamond scape, dont la cime est faite d’un assemblage de bandes magnétiques d’où pendent des diamants noirs.

Dans un second espace, le cubain Osvaldo Gonzales crée une ambiance lumineuse avec des scotchs marrons et des néons, baignant dans un clair-obscur la carcasse de voiture posée sur le toit de Kader Attia.

Jeux de miroirs et de portraits avec Susana Pilar, humour et décalage des petits personnages qui se jouent des failles sous le trait de pinceau de José Yaque, la poésie du temps et de la transformation avec Luis Lòpez-Chàvez, les sculptures hyper-réalistes de Hans Op De Beeck… Les œuvres se succèdent, les chocs visuels aussi… Jusqu’aux jeux de miroirs de Leandro Elrich, le Cabinet du psychanalyste et la Changing room.

Quelques kilomètres plus loin, un second site de 30 000 mètres carrés et des œuvres monumentales. Une première porte s’ouvre sur l’univers de l’artiste indien Subodh Gupta. Une musique de Tchaïkovski tisse l’atmosphère. Sur un écran, un documentaire sur la fabrication des nans, base de l’alimentation indienne dans lequel on voit une galette voler dans les airs, tel un corps céleste… décalage. Plus loin, des milliers d’ustensiles en inox amoncelés à même le sol ou suspendus dans les airs, tels le trésor de la caverne d’Ali Baba… Émerveillement.

Une seconde porte, un espace dédié à Anish Kapoor. Deux immenses sphères de métal rouillé enveloppent les visiteurs et renvoient en écho le son de leurs voix. Poésie spatiale.

Une autre porte encore… Un entrepôt si brut que la nature commence à se frayer un chemin. Et le buste de Silvio Berlusconi sculpté par Sislej Xhafa. Gigantesque. Posé là… Et l’on a envie de revenir dans dix ans, lorsque la nature aura repris ses droits et habillé de mousse le buste… Choc.

Retour au Moulin où un dernier espace abrite les œuvres photographiques de Ahmed Mater Sand in the Pathway and see. Un reportage photographique qui s’étale sur plusieurs années pour montrer la restructuration de la Mecque, en Arabie Saoudite. Les travaux, à l’échelle de la ville. La foule, habitants et pèlerins qui se pressent par milliers… Claque.

Une journée à la campagne qui impressionne, à la hauteur de la démesure des œuvres qui y sont présentées.

Galleria Continua, 46, rue de la Ferté-Gaucher, 77 Boissy-le-Châtel. Du mer. au dim. 12h-18h. 01 64 20 39 50. Entrée libre
Le 23 juin, vernissage avec navettes gratuites (aller-retour) au départ du Jardin des Plantes, place Valhubert, 5e (Inscriptions : reservation@galleriacontinua.fr).
https://www.galleriacontinua.com/about

 

 

Extravaganza.

Follia Continua. Les 25 ans de Galleria Continua. 104. Octobre 2015.

Une ronde de Vespa, une arche de vélo, un labyrinthe débouchant sur une tempête, un vaisseau échoué, des chaises longues en hamac et béton… Spectacle !

Toute en finesse et en générosité, l’exposition dédiée aux 25 ans de la Galleria Continua est aussi poétique que grandiose. Pas de thème, pas de chronologie… Pourtant, l’espace totalement investi du 104 entre en résonance avec les artistes.

Une pléiade d’œuvres et d’émotions, dont certaines marqueront les esprits, comme ces moments de poésie à la lecture des « good news, bad news » de Nedko Solakov installées sous des spots dans le noir, ou encore l’ange littéralement tombé du ciel de Sun Yuan et Peng Yu. Sous la halle, le monumental Stacked, temple de vélos d’Ai Wei Wei, impressionne tant par son gigantisme que par sa précision et sa régularité. Le vaisseau échoué d’Antony Gormley (Vessel) laissera pantois. Moins imposante, la bouche d’égout sortie du sol et tapissée de moules de Sislej Xhafa, intitulée Broodthaershood, clin d’œil à l’œuvre de Marcel Broodthaers imprimera un sourire sur nos lèvres. Mais que dire des corps naturalisés des chevaux suspendus dans le noir de Berlinde de Bruyckere et de la pesanteur qu’ils déploient… À l’opposé, le cabinet du psychanalyste de Leandro Erlich cède toute la place à l’interprétation et chacun jouera son rôle comme il l’entend. À la fin d’un étroit couloir blanc, on se laissera emporter par la mini tornade d’Anish Kapoor (Ascension), grisante expérience. La barque aux petits soldats et la baignoire de Barbie de Chen Zhen (Six Roots Enfance) dialoguent avec l’empilement d’ustensiles de cuisine soudés de Subodh Gupta (5 Offerings for the Greedy Gods) et l’immense anneau fait de débris de miroirs reliés par des fils métalliques de Kader Attia (Ring Theory), racontant une histoire d’enfance comme un songe d’Alice. Au fil des Oculi aux Tondi de Daniel Buren, les salles et les ambiances se succèdent pour arriver au très festif Troisième Paradis et ses 346 cymbales de Michelangelo Pistoletto…

Au total une cinquantaine d’artistes et d’œuvres, un festival à ne pas rater !

Embarquez pour la Follia Continua au 104 jusqu’au 22 novembre 2015.

Retour aux sources.

Monumenta 2011_Léviathan_Anish Kapoor

Organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, MONUMENTA invite chaque année un artiste contemporain de renommée internationale à réaliser une œuvre unique au sein de la Nef du Grand Palais. Après 3 années de succès, c’est au tour du sculpteur britannique Anish Kapoor d’investir les 13 500m2 de la Nef.
Sensation. Vibration. Emotion… Le Léviathan d’Anish Kapoor m’a laissée sans voix pendant un long moment. Propulsée à l’intérieur du monstre marin, je réalise un authentique retour aux sources : la chaleur, le rouge organique, la texture, tout fait référence au ventre maternel et diffuse une sensation de paix intérieure. Malgré une attente assez longue, la foule entre petit à petit, sans précipitation, et pénètre dans le ventre du monstre sans un bruit. Après un court instant d’adaptation, on commence à bouger doucement, se pencher pour observer de plus près la matière, se mouler dans les différentes parties du monstre, s’asseoir et vibrer au rythme de ses battements, se sentir petit, tout petit… pour ressortir par le même tourniquet.
La seconde partie de l’expérience se passe sous la nef, où trône le monstre de 72 000m3 dont on voit cette fois l’extérieur. L’effet est à l’opposé : la vie fourmille sous la nef. Les visiteurs, allègres, jouent avec la structure, tournent autour, observent ses 3 cœurs gigantesques sous toutes les coutures. La toile «aubergine» reflète le soleil qui inonde la Nef. Le temps perd de ses contours, j’ai envie de rester là… Sensation. Vibration. Emotion.
Il paraît que la structure est 100% recyclable. Sous quelle forme le Léviathan va-t-il réapparaître ?

Le léviathan en chiffres :
70 000m3
100m de long
36m de hauteur
100% recyclable

Rencontrez le Léviathan jusqu’au 23 juin, au Grand Palais. Entrée 5€, tarif réduit 2,50€.
Plus d’infos sur : www.monumenta.com

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