L’amie prodigieuse, la saga d’Elena Ferrante.

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Elena est studieuse et peu sûre d’elle. Lila n’a peur de rien et joue de son charisme dès qu’elle en a l’occasion. Toutes deux sont aussi complémentaires qu’opposées, aussi intelligentes qu’avides de savoir. Cette curiosité et cette capacité d’apprentissage exceptionnelles font d’elles les chouchoutes de leur institutrice qui s’attribue pour mission de les sortir de leur milieu social par les études.  C’est de cette amitié tumultueuse entre ces deux gamines inséparables qu’il est question dans les quatre tomes de ce roman/saga. Mais pas que…

Elena est la narratrice et par sa voix, en traversant les années depuis 1950, elle fait entendre l’histoire de cette Naples populaire dans toute sa complexité. Patriarcat, mafia, pauvreté, amitié, amour, pouvoir. L’autrice aborde ces thèmes forts et durs sans hésitation, entourant les deux héroïnes d’une multitude de personnages hauts en couleur. De cette mère « tordue » aux amis communistes, en passant par ces filles qui, dès leur puberté, cherchent à se marier avec le meilleur parti possible et ces garçons qui tentent de « rafler » la plus belle du quartier.

La vie à Naples évolue en même temps que les deux amies grandissent et Lenù et Lila emprunteront des chemins différents sans qu’aucune des deux ne soit épargnée par les coups douloureux de la vie. Elles vont tour à tour s’inspirer, se rejeter, s’aimer, se détester, cherchant à se dépasser en permanence… Et il est très vite impossible de les lâcher…

Je me suis attachée aux deux héroïnes, m’énervant contre Lenù qui se laisse mener par le bout du nez, que ce soit par Lila ou par Nino. Je me suis fâchée puis réconciliée avec elles au gré de leurs aventures. J’ai eu envie de hurler contre Stefano et Nino. J’ai détesté les parents de Lila et la mère d’Elena. J’ai pleuré et ri. Le bruit autour de la saga était aussi fort que mes réticences, mais Naples et Elena Ferrante ont eu raison de moi et j’ai été embarquée de la première à la dernière page.

Le temps où nous chantions. Richard Powers.

 

Delia est une jeune noire américaine. David est un physicien juif allemand. Ils se rencontrent à un concert aux Etats-Unis en 1939, se marient et donnent naissance à trois enfants : Jonah, Joseph et Ruth. Ils les élèvent dans le culte de la musique, avec la volonté de les protéger de la brutalité du monde extérieur et la belle idée que la couleur et la religion importent peu dans la vie. Dans une bulle d’amour familial.

Joseph est le narrateur de cette saga familiale qui va parcourir un demi-siècle de l’histoire des Etats-Unis et se déplier comme une partition, passant avec virtuosité entre la fin des années 1930 et les années 1980, entre le monde de la musique des « blancs » et la violence raciste.

J’ai dévoré ce roman dont chaque page est enveloppée de poésie et de musique, et flirte entre la délicatesse et la dureté du monde. Je me suis attachée à chacun des personnages, chantant avec Jonah, luttant avec Ruth et les Black Panthers, suivant le rythme des respirations de Joseph… Bouleversant du début à la fin.

Lumikko. Pasi Ilmari Jääskeläinen.

 

 

À la lisière du conte

Une épidémie qui s’attaque aux romans et en modifie la fin. Une société littéraire qui vit en huis clos et cache de lourds secrets. Un village qui place la littérature en son centre. Une disparition, et, qui plus est, celle de Lumikko, la célèbre auteur de littérature enfantine et fondatrice de la fameuse société littéraire. Lumikko est un roman entre conte fantastique et policier qui tient en haleine du début à la fin.

Ella, l’héroïne, est le dixième membre de la société secrète. Elle mène l’enquête sur la disparition de Lumikko et sur cette mystérieuse épidémie. Et, s’il est difficile de ne pas se perdre au début du roman, avec tous ces prénoms qui donnent l’impression de lire un catalogue Ikéa (même si l’on est en Finlande et non en Suède), l’intrigue bien menée et l’atmosphère fantastique nous aident à passer le cap. J’ai aimé les « jeux » aux règles perverses dans lesquels les auteurs de la société puisent leur inspiration. J’ai aimé la façon dont la psychologie des personnages est dessinée. L’écriture est fluide, et même si certains mystères restent entiers, la fin est… étonnante.

Une femme au téléphone. Carole Fives.

Charlène au téléphone.

Charlène enchaîne les appels téléphoniques à sa fille et c’est ce qui constitue ce livre : une succession d’appels téléphoniques, comme des appels au secours d’une mère à sa fille. Une mère au bord de la dépression, une mère traversée par la maladie, mais aussi une mère qui ose tout. Qui transgresse les interdits et qui inverse les rôles. Drôle, émouvante, crispante, la voix de Charlène nous fait passer par une palette de sentiments. Et tour à tour, j’ai pris sa place. J’ai eu envie de lui répondre à la place de sa fille. J’ai eu envie de pleurer pour elle. J’ai eu envie de la rencontrer et de boire un verre avec elle… Touchante et toxique. L’un et l’autre. Une mère.

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