Malick Sidibe. Mali Twist. Fondation Cartier. Décembre 2017

Le dimanche à Bamako.

Une ambiance de fête nous accueille : une playlist originale a été concoctée spécialement pour l’exposition. Immersion. Sur les murs, la jeunesse du Bamako du début des années 1960 rayonne. Les couples s’enlacent, les danseurs se déhanchent, les garçons et les filles posent, seuls ou en groupe. Tous se prêtent volontiers au jeu et la joie se lit dans tous les regards et sur toutes les attitudes.

La fête se poursuit le long du fleuve Niger et au sous-sol de la Fondation. Spontanéité, humour et joie de vivre sont là, sur toutes les images captées par le photographe malien. Dans son studio, au décor minimaliste, chacun vient poser, sur une moto, avec un sound machine, seul ou en groupe… Malick Sidibe saisit avec justesse les expressions de tous, en gros plans ou en plans plus larges. Un témoignage de cette époque en plus de 250 tirages. Et, pour finir, le studio est reconstitué pour que chacun puisse poursuivre, à sa façon le travail de l’artiste. Une expo qui réchauffe.

Déhanchez-vous à la Fondation Cartier jusqu’au 25/02 2018.

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Tenue correcte exigée ! Quand le vêtement fait scandale. Les Arts décoratifs. Février 2017.

Sapé comme jamais.

Du pantalon pour les femmes à la jupe pour les hommes. De l’extravagance au mauvais goût. Trop court. Trop long. Trop transparent. Trop impudique. Trop coloré… Toute une histoire de la mode, sous l’angle inattendu des « infractions au code vestimentaire en vigueur », du XIVè siècle à nos jours. Une histoire de « fashion faux pas », dont certains sont devenus des classiques. Des virages, engagés avec plus ou moins d’élégance, et toujours autant d’esprit de provocation.

Des messages qui fusent, écrits sur les marches de l’escalier qui mène à l’exposition : « sac à patates » « t’es sapé comme un pingouin » « t’as oublié ta jupe »… Le seuil franchi, c’est un tableau de Cranach l’ancien représentant Adam et Ève qui nous accueille : le vêtement comme punition. Couloir rouge vif, railleries et persifflages soufflés à nos oreilles, miroirs reflétant notre allure à l’infini, et une question qui nous taraude : suis-je dans la norme ?

Des thématiques et des époques, entremêlées comme si le temps ne changeait pas le propos : à chaque temps ses provocations. La première thématique abordée montre l’évolution des codes vestimentaires et des interdits. De la bible aux blogs, des événements de la vie aux jeux de pouvoir. Et des multiples tenues portées à la cour au costume col mao signé Thierry Mugler et porté par Jack Lang.

Plus loin, la question du genre est posée. Comme quoi, elle est loin d’être récente. Depuis Jeanne d’Arc, accusée de porter des vêtements d’homme lors de son procès, aux jupes osées par Jean-Paul Gaultier en 1985, en passant par le smoking et la cigarette de Colette en 1909, puis au look libéré de Gabrielle Chanel et au tailleur-pantalon d’Yves-Saint-Laurent en 1966 qui marque définitivement l’entrée du pantalon dans le vestiaire des femmes.

La troisième thématique montre les excès : coiffures trop hautes au XVIIIè siècle, mini-jupes trop courtes de Courrèges ou Paco Rabanne, baggies trop larges des années 1990… Des extravagances souvent présentées avec humour qui flirtent avec le mauvais goût et la provocation avec plus ou moins de succès.

L’exposition propose aussi des extraits de film (dont le Tramway nommé désir et le Tee-shirt moulant de Marlon Brando), des extraits d’émission, des défilés… Un moment riche, drôle, dynamique qui donne envie de s’habiller. Extravagance…

La tenue correcte est exigée, aux Arts Décoratifs jusqu’au 23 avril 2017.

Ludwig Van. Philharmonie de Paris

Beethoven, pop star depuis 1827.

Une petite salle obscure, une multitude d’écrans vidéos : des images de Snoopy, un sketch de Desproges, une publicité pour Lanvin, un concert des Beatles… Et partout, un clin d’œil, une mélodie, un petit quelque chose de Beethoven, musicien de génie promu pop star internationale, bien avant John Lennon ou Elvis Presley. Consécration ou dilution ?

Immergé. Submergé. D’une salle à l’autre, le parcours suit le maître et ses influences, traversant la musique, la peinture, la sculpture, la littérature, le cinéma… et même l’histoire et la politique : de la chute du mur de Berlin à la marche de François Mitterrand au Panthéon en 1981 ou à l’hommage rendu aux victimes des actes terroristes, l’an dernier…

Ici, debout, un casque sur les oreilles. Là, assis sur un banc, immergé dans le deuxième mouvement de la 7ème symphonie, la larme à l’œil. Un peu plus loin, fasciné par les reliques exposées : canne, cornet, ou encore cuillère. De Warhol à John Baldessari, de Gustav Klimt à Stanley Kubrick, de Mendelssohn à Léo Ferré, de Schumann au jazz… Et toujours la même émotion, entretenue à la perfection.

Malgré une omniprésence qui réduit souvent l’œuvre magistrale de Beethoven à quelques mesures, l’inspiration est toujours là : la dernière salle consacrée à l’exposition, en donnant carte blanche à des artistes contemporains le prouve. Vivifiant !

Redécouvrez le mythe Beethoven à la Philharmonie de Paris jusqu’au 29 janvier 2017.

Variations sur les doubles.

Matisse. Paires et séries, Centre Pompidou, mars 2012.

Un samedi ensoleillé comme des prémices printannier. Matisse à Beaubourg. Il ne m’en fallait pas plus pour saisir l’occasion et faire découvrir l’artiste à mon fils… Pour ma part, je pensais connaître Matisse, la période fauve, les couleurs explosives, les papiers découpés, les nus, la danse, les fleurs… pourtant, encore une fois, la surprise est au rendez-vous. Mon fils n’a pas été le seul à découvrir l’artiste !

Beaubourg expose Matisse par paires et séries. Exploration, recherche… L’artiste, entre 1869 et 1954 n’a eu de cesse de travailler les thèmes qui sont au cœur de son œuvre, reprenant ses compositions et cherchant continuellement à les interpréter, à les perfectionner, à les épurer. Les fleurs, les nus, la danse, la musique, de salle en salle, on découvre cet immense travail, les variations de cadre, de touche, de couleurs… autant d’interprétations d’une œuvre, faisant passer une même composition du fauvisme au cubisme. Le travail que l’artiste a réalisé à partir de la photographie y est aussi présenté. La photographie comme processus de création pour le peintre, qui fixe grâce à cette technique les étapes de son travail pour une meilleure compréhension du cheminement et de l’intuition qui le guide. La série des 4 nus bleus en gouache découpée, réalisée en 1953, termine ce parcours, comme l’aboutissement de son œuvre.

Une très belle exposition où l’émotion se joint à l’étonnement…

Matisse est au Centre Pompidou jusqu’au 18 juin 2012. L’exposition sera ensuite présentée à Copenhague, au Statens Museum for Kunst, du 14 juillet au 28 octobre 2012 et au Metropolitan Museum of Art à New York, du 4 décembre 2012 au 17 mars 2013.

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