Pan !

Niki de Saint Phalle. Le Grand Palais. Septembre 2014.

Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle était son nom. Née en 1930 dans une famille bourgeoise et catholique. Là où les femmes ne sont que les gardiennes du foyer tandis que les hommes vivent une vie aventureuse et mystérieuse. Là où les règles sont aussi omniprésentes que pesantes.

Elle deviendra Niki de Saint Phalle et métamorphosera tout ce qui la touche en source d’inspiration, créant et provoquant sans cesse, nous embarquant, telle une fée carabine tirant sur tout ce qu’elle combat, dans son conte pop.

Elle tire sur elle-même… Puisant son inspiration dans les peintures de Pollock et des néoréalistes dont elle fait partie. Sur des fonds noirs, elle lance des filets de peinture blanche, assemble et colle matières organiques et objets. Montrant déesses et araignées géantes. Exorcisant son passé et ses souffrances dans un autoportrait aux apparences d’arlequin derrière lequel elle dissimule une immense solitude et une angoisse profonde.

Elle tire sur sa mère… Et montre tout ce que cette dernière cachait. S’appuyant sur ce qui lui a été inculqué et qu’elle rejette, sur la place de la femme dans la société. Questionnant et cherchant sa vérité, s’inventant sa propre vie, créant et se recréant. Ses femmes sont immenses, démesurément. Ses femmes sont blanches, intégralement. Ses femmes sont multicolores, totalement. Ses mariées sont emprisonnées dans leurs robes comme dans des linceuls. Elle déforme leurs visages, leur crève un œil ou un sein, recouvre leurs corps d’objets guerriers, d’avions, de poupées, de serpents et autres monstres rapaces. Ses parturientes sont grotesques. Le regard hagard, recouvertes de jouets et d’objets, elles accouchent de petites poupées en plastique désarticulées.

Elle tire sur le racisme… Et crée des « nanas » blanches et noires, gigantesques, dans des postures jubilatoires, des formes voluptueuses. Elle montre toutes les femmes, reines, déesses, danseuses, guerrières… Passé le cap de la colère, elle crée une armée de femmes pour les glorifier. C’est le « Nana Power », nom qu’elle choisira pour son multiple sens, de la prostituée de Zola à l’argot français, en passant par le dieu-lune… Mais derrière ce changement d’état d’esprit visible, se cache toujours un engagement certain pour la cause de la femme et en particulier la femme noire. Le « Nana Power » est le pendant du « Black Power » et ce n’est pas pour rien qu’elle donnera à l’une de ses nanas le nom de Black Rosy, d’après Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale.

Elle tire sur la violence… Et telle Emma Peel, l’héroïne de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, elle revêt une combinaison moulante et affûte son regard pour produire des séances de tirs à la carabine. Elle tire sur des poches de peinture qui se déversent sur ses œuvres. Elle jouera alors de sa superbe plastique et de son sens de l’image comme au temps où elle était mannequin et répondra à de nombreuses interviews dans lesquelles elle parlera de son art et exprimera haut et fort ses idées.

Elle tire sur le malheur… Et crée l’œuvre de sa vie, unissant son talent à celui de son partenaire Jean Tinguely, inspirée par le parc Güell de Gaudì et le Palais Idéal du Facteur Cheval, elle crée le « Jardin des Tarots » en Toscane. L’Impératrice, le Sphynx, la Justice, l’Oiseau de feu, le Pape, la Lune… La démesure et le génie unis dans un jardin merveilleux où sculptures et nature communiquent.

Au-delà de toutes ces œuvres superbes, c’est la femme que l’on rencontre dans cette rétrospective proposée par le Grand Palais… et quelle femme !

Tirez à bout portant au Grand Palais jusqu’au 2 février 2015.

Onirique utopie.

L’étrange cité, Ilya et Emilia Kabakov. Monumenta 2014. Grand Palais. Mai 2014.

Une immense coupole inclinée aux allures de rosace d’église nous cueille dès l’entrée. Un orgue lumineux dont les couleurs changent lentement au rythme de la musique qui s’échappe de son centre. 

Le choc est immédiat. Amplifié par le contraste entre les couleurs changeantes et le blanc immaculé des murs de « l’étrange cité » qui nous fait face. Pour y pénétrer, une porte. Ou plutôt les ruines d’une porte, isolée, vestige d’une solennelle entrée dans la cité. Ainsi commence le parcours initiatique dans la cité rêvée des Kabakov. 7 pavillons, comme autant de suggestions pour communiquer avec l’au-delà composent la cité, reliés entre eux par des arches et des allées toutes de blanc vêtues.

Le « Musée vide » débute le parcours. Une pièce rectangulaire, tapissée de rouge, bordée de dorure. Sur ses murs, aucun tableau, mais 12 taches ovales de lumière. En son centre, un îlot de sièges pour observer religieusement l’effet de la musique de Bach, qui vient combler le vide produit par l’absence de peintures.

Ensuite, vient « Manas ». Cette cité tibétaine disparue, dont le nom signifie esprit. Elle se nommait ainsi car elle avait son double aux cieux. Au sommet de chacune des 8 montagnes qui encerclaient la ville, un édifice permettait aux habitants de communiquer avec l’au-delà. Au centre du pavillon, inondée d’une lumière toute céleste, est posée la maquette de cette cité imaginaire ainsi que celle de son double au ciel. En périphérie, chacun des édifices situés en haut des montagnes est détaillé en maquette et en dessin. Onirique.

« Le centre de l’énergie cosmique ». Cette fois, ce sont des calices à la subtile énergie qui permettent de communiquer avec le cosmos. L’histoire raconte qu’ils auraient été trouvés en creusant les fondations d’une usine. L’usine, ses fondations et l’observatoire nous laissent émerveillés. Cosmique.

Nous restons ensuite béats devant l’échelle longue de 1100 mètres, qui permet en seulement deux jours d’ascension de se rapprocher des anges. C’est l’histoire contée dans le pavillon nommé « comment rencontrer un ange ». En son centre, une lumière divine éclaire la maquette de cette échelle. En son sommet, un homme porte un sac à dos et tend les bras vers l’au-delà. Un ange venu du ciel semble aller à sa rencontre. En périphérie, les Kabakov ironisent avec humour sur le sujet et donnent des conseils et méthodes pour rencontrer un ange, allant jusqu’à encadrer de magnifiques ailes à enfiler pour méditer chaque jour sur le sujet à heures fixes, avec la garantie de sentir un changement intérieur s’opérer assez rapidement.

Le pavillon suivant s’intitule « Les portails ». Comme la porte d’entrée de « l’étrange cité », il s’agit ici de portails qui s’élèvent, seuls, sans enceinte. Autour, le même paysage avec à l’horizon une porte, est reproduit, dans un style impressionniste, à trois moments de la journée : l’aube, entre chien et loup, au plus profond de la nuit. Quatre fois. Quatre triptyques pour laisser le visiteur passer d’un côté à l’autre de cette porte qui ne mène nulle part. Méditer sur sa propre utopie.

Enfin, en point d’orgue, les chapelles qui se font écho : la chapelle blanche et la chapelle obscure. La chapelle blanche, éblouissante de lumière avec ses quelques fragments d’image dispersés, comme des traces de mémoire que l’on se prend à associer comme s’ils pouvaient constituer une seule image. L’autre, à l’inverse, sombre, avec ses immenses toiles aux accents baroques, faisant l’effet d’un tourbillon nous entraînant dans un trou noir.

À l’instar du Léviathan d’Anish Kapoor, l’étrange cité des Kabakov est une véritable expérience sensorielle, qui résonne un long moment et laisse le visiteur entre rêve et réalité.

Voyagez dans l’étrange cité d’Ilya et Emilia Kabakov au Grand Palais jusqu’au 22 juin.

Graphique esthétique.

Robert Mapplethorpe. Grand Palais. Mars 2014.

Une histoire qui commence par la fin. Par la mort. Robert Mapplethorpe est raconté au Grand Palais. Plus de 250 images, et une exposition qui débute par son « autoportrait à la canne ». Portrait fantomatique de l’artiste à la fin de sa vie, tenant fermement devant lui une canne surmontée d’une tête de mort « comme Orphée qui nous emmène dans le royaume des ombres » ainsi que le décrit Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition. Tout au long du parcours, des citations de l’artiste. Il nous livre son point de vue, nous mène de chapitre en chapitre, remontant le temps jusqu’à ses débuts au Polaroïd, déjà fidèles à ce qui fera sa réputation.

Il nous parle de sculpture, d’histoire de l’art, de cinéma et ses images montrent des corps nus, blancs et noirs, femmes et hommes, des sexes d’hommes… Erotiques. Géométriques. Magnifique esthétique. Une salle est dédiée aux images jugées sulfureuses à l’époque où elles ont été faites. Ces images des backrooms du New-York des années 1970 sont traitées avec une esthétique raffinée, presque classique. « Je recherche la perfection dans la forme. Dans les portraits. Avec les sexes. Avec les fleurs », dit-il mais dans cette salle, c’est la citation suivante que l’on peut lire « Le sexe est magique, si vous le canalisez bien, il y a plus d’énergie dans le sexe que dans l’art »… Sexe qu’il compare aux fleurs, sujet bien plus consensuel qui fait l’objet d’une grande partie de son travail.

L’inattendu arrive avec une série dédiée au sacré, au christ, présentée sur une section aussi surprenante que sublime. Y figure un « petit bout » de l’histoire qu’il a partagée avec Patti Smith : la « lamb box », petite chapelle qu’ils ont réalisée pour protéger une figurine d’agneau que Patti Smith avait trouvée.

Les muses. Patti Smith, avec entre autres l’original de la pochette de l’album « Horses ». Lisa Lyon, dont il disait « Lisa Lyon me rappelle les modèles de Michel-Ange, qui a sculpté des femmes musclées ». Les portraits mondains de William Burroughs à Susan Sontag, de Annie Leibovitz à Arnold Shwarzenegger, et Iggy Pop qui sont organisés autour d’un christique Andy Warhol, LA figure emblématique de l’art contemporain des années 1970-1980.

Inspiré par Michel-Ange et par les textes de Jean Genet, Robert Mapplethorpe a réalisé des photographies sculpturales, physiques, et l’on pourra en voir la preuve dans l’exposition « Mapplethorpe/Rodin » qui se tiendra en septembre prochain au Musée Rodin et continuer à redécouvrir cet artiste.

En attendant, Mapplethorpe est au Grand Palais jusqu’au 13 juillet.

Multiple.

Félix Vallotton, le feu sous la glace, Grand Palais, octobre 2013.

Autoportraits, portraits, scènes d’intérieurs bourgeois, fresques, natures mortes, mythologies… Nabis, classicisme, estampes japonaises… Comment un artiste si multiple peut-il avoir un style si unique ?

« Brutal » est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en regardant les portraits et autoportraits présentés au début du parcours. Les personnages sont peints sur des aplats de couleur, le trait est précis, les contours sont nets et les couleurs froides. La douceur n’existe pas…

Ensuite, vient la sensation de regarder à travers un judas, tant l’intimité des scènes décrites est palpable. D’infimes détails trahissent des tensions entre les couples, des crispations dans les relations. Comme dans la main gantée de blanc agrippée au rebord de la « Loge de théâtre » ou dans le regard fuyant de l’homme de « La visite »… Chaque peinture est une histoire que l’on prend le temps de lire et qui donne envie de connaître la suite, comme dans la série « Intimités », ensemble de 10 xylographies sur la vie amoureuse.

Mais surtout, ce qui m’a marquée dans la peinture de Vallotton, c’est la Femme. Fil rouge déroulé de salle en salle, la Femme est omniprésente dans l’œuvre de l’artiste. Et l’on y voit les questionnements qu’elle a suscités chez lui. Jamais séduisante. Elle est représentée dans sa plus grande intimité, à l’abri du regard des autres lorsqu’elle est seule ou avec d’autres femmes comme dans « Etude de Fesses », « Femmes à leur Toilette », « Bain turc » ou encore dans l’intrigant et si japonisant « Bain au soir d’été ». Accompagnée d’un homme, elle prend alors le rôle de dominatrice comme dans le glaçant « La Haine » ou dans le mythologique « Persée tuant le dragon ». Là, la femme regarde avec dédain l’homme qui tue et l’artiste enveloppe dans un même élan l’homme de muscles confinant au ridicule… À une époque où les femmes ne sont plus aussi consentantes, l’artiste semble avoir du mal à trouver sa place ! Que rôle endossera-t-il s’il ne peut plus être sauveur ? Quelle séduction pour la femme si elle n’est plus fragile  ? Moi, j’ai été séduite par ces œuvres, qui, en dépit ou à cause de leur diversité montrent un bel ensemble.

Découvrez le feu sous la glace au Grand Palais jusqu’au 20 janvier 2014.

Luminothérapie.

Dynamo, Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2013, Grand Palais, mai 2013.

Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art optique et cinétique, célébré au Grand Palais sur près de 4000m2… Attirée par la lumière comme un papillon, je ne puis résister à l’appel plus longtemps !
Le « brouillard sculpté » par Fujiko Nakaya, première œuvre visible, située à l’extérieur du Grand Palais, nous prépare à peine à l’onde de choc visuelle et sensitive qui va nous parcourir. Les mots pour décrire cette exposition se bousculent, autant que cette dernière nous a bousculés !
Ludique… évidemment, est le premier terme qui vient à l’esprit. L’art cinétique ou optique ne se contente pas de laisser le spectateur à ses perceptions, il l’intègre à ses créations. Au gré de nos déplacements, nous avons été déformés, multipliés, colorés… déstabilisés ! On a tourné autour des œuvres, pour les voir par en haut, par en bas, par la gauche, par la droite… Il nous a même été « interdit de ne pas toucher » comme l’ont déclaré les artistes du collectif GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel). Le collectif Grav s’est constitué en 1960 à Paris autour de François Morellet, Joël Stein et Jean-Pierre Yvaral et de Julio Le Parc, Horacio Garcia-Rossi et Francisco Sobrino. Ce sont eux qui ont créé le fameux Labyrinthe de Grav, en 1963 pour la Biennale de Paris. Les 8 salles du labyrinthe ont été reconstituées et l’on imagine les réactions qu’il a provoquées à l’époque… 8 salles qui palpitent, s’activent, s’illuminent, se bousculent sous nos yeux ou avec nos yeux, nos oreilles et tous nos sens ! Sens dessus dessous !
Poétique… vient assez rapidement à l’esprit. Seule la poésie est capable de donner ainsi un autre sens à la réalité. Les titres des œuvres le sont : Licht-Raum-Modulator, Beyond the fans, Néons dans l’espace, Transchromie Mécanique, Spazio Elastico… L’imagination est à son comble, les sens sont en éveil… La vision est brouillée, voire occultée, pour laisser la place aux autres sens qui s’en trouvent aiguisés, et dès que l’on retrouve ses facultés, une autre œuvre vient de nouveau brouiller les pistes. Par exemple, la salle de Gianni Colombo « Spazio Elastico » nous plonge totalement dans l’obscurité pour nous révéler, à mesure que nos yeux s’habituent à l’environnement, une structure dessinée par des fils élastiques bleus lumineux. Le temps est suspendu quand le noir se fait autour de nous, reprend son cours lorsque l’on commence à percevoir la forme que les élastiques lumineux constituent et s’accélère lorsque nous retrouvons notre chemin… Jusqu’à la prochaine œuvre qui nous fera perdre nos repères… Illusions ou Manipulations ?
Physique… 4000m2 à parcourir, c’est assez physique d’autant que les œuvres ne laissent pas vraiment de répit. Fort heureusement, le parcours est bien étudié et les temps calmes alternent avec les temps physiques, des canapés sont disposés entre les différentes salles pour récupérer et repartir de plus belle, l’exposition n’en reste pas moins physique.
Mirifique… 4000m2, un siècle d’art, des œuvres incontournables qui n’avaient pas vu la lumière depuis bien longtemps, d’autres qui ont été créées spécialement pour l’exposition, comme celle dont je parlais au tout début de ce billet, le « brouillard sculpté » de Fujiko Nakaya, mais aussi trois miroirs concaves d’Anish Kapoor, le manège de miroirs de Jeppe Hein, et quelques œuvres de  François Morellet, Carsten Höller, Ann Veronica Janssens, le magnifique et monumental mobile de Xavier Veilhan, le décor des colonnades de la galerie sur la façade du Grand Palais de Felice Varini, qui prend tout son sens vu de l’intérieur… Hypnotique !

Un seul bémol, l’application pour Iphone ne nous en apprend pas beaucoup, elle permet simplement de prendre des photos… que je n’ai pas pu récupérer. En revanche, l’audioguide pour les enfants est très bien fait et Axel a appris plein de choses !
Allez-y, profitez de ce moment de luminothérapie, il est de toute beauté !

Dynamo est au Grand Palais jusqu’au 22 juillet.

Comme des ronds dans l’air…

Excentrique(s), travail in situ, Monumenta 2012, Daniel Buren, mai 2012.

Le Grand Palais. Majestueux. Imposant. Lumineux. Aérien. Monumenta, pour sa 5ème édition invite Daniel Buren à « habiter » le Grand Palais. Alors, réussi, raté, mieux, moins bien que le précédent ?… Rendez-vous désormais attendu qui s’inscrit dans l’offre des grands établissements culturels, Monumenta est critiqué, vu, approuvé ou désapprouvé. Bref, que dire qui n’ait pas encore été dit…
Je vais tout simplement vous raconter ce que j’en ai pensé, moi, qui y suis allée avec mon fils.
Des ronds de couleur perchés sur une forêt de poteaux… une balade parmi les couleurs, les ombres et la lumière… ce Monumenta est vivifiant. On y entre par la porte Nord, condition sine qua non pour Daniel Buren, qui voulait que le visiteur découvre la forêt progressivement. On se fait son film, on joue avec les couleurs et les formes que les disques de diamètre différents projettent sur le sol. Vert. Jaune. Rouge. Bleu. Soudain, on arrive dans une clairière. Au sol, des miroirs reflètent la verrière, cette fois à découvert, et le jeu devient encore plus drôle. On y marche, s’y allonge, s’y pose. Une bande-son égrène inlassablement, en 37 langues différentes, énoncés par 37 personnes différentes, les chiffres, les lettres et les couleurs avec lesquels l’œuvre a été construite, nous accompagnant dans notre balade.
Seul bémol, la chaleur, entre la verrière et la canopée de disques colorés, est torride quand il y a du soleil (si, si, ça arrive).
S’il faut comparer, je dirais que ce Monumenta est beaucoup moins émotionnel mais tout aussi sensationnel que le Monumenta de Kapoor.
Si vous cherchez les rayures, chères à Buren, vous les trouverez à l’extérieur, mais aussi sur les poteaux… Mais surtout, allez-y, de jour, de nuit, pour vous balader ou pour danser (le 21 juin, un bal blanc y est programmé), ce bain de couleurs est un véritable bain de bonne humeur !

Monumenta, c’est aussi quelques chiffres :
13500m2 d’espace,
45 mètres de hauteur,
5 diamètres de disques colorés,
1287 poteaux,
4 couleurs,
3 pistes sonores…

Vous pouvez prendre un bain de couleurs au Grand Palais jusqu’au 21 juin, toutes les informations se trouvent sur le www.monumenta.com

Retour aux sources.

Monumenta 2011_Léviathan_Anish Kapoor

Organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, MONUMENTA invite chaque année un artiste contemporain de renommée internationale à réaliser une œuvre unique au sein de la Nef du Grand Palais. Après 3 années de succès, c’est au tour du sculpteur britannique Anish Kapoor d’investir les 13 500m2 de la Nef.
Sensation. Vibration. Emotion… Le Léviathan d’Anish Kapoor m’a laissée sans voix pendant un long moment. Propulsée à l’intérieur du monstre marin, je réalise un authentique retour aux sources : la chaleur, le rouge organique, la texture, tout fait référence au ventre maternel et diffuse une sensation de paix intérieure. Malgré une attente assez longue, la foule entre petit à petit, sans précipitation, et pénètre dans le ventre du monstre sans un bruit. Après un court instant d’adaptation, on commence à bouger doucement, se pencher pour observer de plus près la matière, se mouler dans les différentes parties du monstre, s’asseoir et vibrer au rythme de ses battements, se sentir petit, tout petit… pour ressortir par le même tourniquet.
La seconde partie de l’expérience se passe sous la nef, où trône le monstre de 72 000m3 dont on voit cette fois l’extérieur. L’effet est à l’opposé : la vie fourmille sous la nef. Les visiteurs, allègres, jouent avec la structure, tournent autour, observent ses 3 cœurs gigantesques sous toutes les coutures. La toile «aubergine» reflète le soleil qui inonde la Nef. Le temps perd de ses contours, j’ai envie de rester là… Sensation. Vibration. Emotion.
Il paraît que la structure est 100% recyclable. Sous quelle forme le Léviathan va-t-il réapparaître ?

Le léviathan en chiffres :
70 000m3
100m de long
36m de hauteur
100% recyclable

Rencontrez le Léviathan jusqu’au 23 juin, au Grand Palais. Entrée 5€, tarif réduit 2,50€.
Plus d’infos sur : www.monumenta.com

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