Au diapason du monde, la collection, nouvelle sélection. Fondation Louis Vuitton. Avril 2018.

 

Mais où et donc or ni car.
(Une déambulation commencée par le sous-sol, puis le niveau 0, puis le 1er et enfin le 2ème étage)

D’abord il y a le corps. L’homme qui chavire. Trois hommes qui marchent. Buste d’homme assis. Grande femme II. Femme de Venise III. Giacometti et ses sculptures filiformes, pour preuve de sa fragilité. De sa vulnérabilité. Un corps virtuel, hologramme, qui prend l’apparence de Fitzcarraldo par la volonté de Dominique Gonzales-Foerster. Un corps en papier découpé par Henri Matisse, dans Nu bleu aux bas verts. Ou celle d’empreintes, bleues évidemment, dans l’anthropométrie d’Yves Klein. Pierre Huygue nous montre un singe vêtu comme une petite fille, et portant un masque Nô qui déambule dans un restaurant déserté de Fukushima et de l’Homme ne reste que l’apparence. Maurizio Cattelan nous parle de clonage, et multiplie sur tout un mur la reproduction miniature de son autoportrait en latex dans Spermini (1997).
(Et aussi… Giovanni Anselmo, Maurizio Cattelan, Ian Cheng, Andrea Crespo, Alberto Giacometti, Dominique Gonzalez-Foerster, Pierre Huyghe, Yves Klein, Mark Leckey, Henri Matisse, Philippe Parreno, Bunny Rogers et Kiki Smith.)

Ensuite, vient le désir d’immortalité. Là, infiniment… Des œuvres mythiques comme éternelle inspiration. Et du David de Michel-Ange ne restent que les jambes, sculpture en marbre monumentale d’Adrian Villar Rojas. Vestige d’un monde post-apocalyptique. La Baignade à Asnières de Georges Seurat (1884) a inspiré Wilhelm Sasnal, mêlant la petite et la grande Histoire. Cyprien Gaillard interprète la musique d’Alton Ellis I was born a winner et sur un lancinant refrain devenu I was born a loser, propose Nightlife, un film en 3D et en quatre séquences. Musique et film, passé et présent. Hypnotique expérience immersive.

Puis, vient l’illumination, la vie. Irradiances. Un unique néon, fluorescent, vertical, vert. Et son halo lumineux qui se propage tout autour. Diffusant une énergie unique. C’est l’œuvre de Dan Flavin (1963) qui a inspiré le titre de ce chapitre de l’exposition. Autour, Halo et Is de James Lee Byars, associent l’or, métal précieux aux minéraux (cuivre et marbre), en quête d’une forme parfaite. Et toujours le bleu d’Yves Klein, avec le Monochrome et les éponges.
Après, de Christian Boltanski se déploie sur un mur, ampoules rouges et fils noirs. Complétant la projection de Animitas, film de 2014, plan fixe tourné en temps réel dans le désert d’Atacama au Chili. Alors que l’Avalanche (2006) de François Morellet,  avec ses néons bleus à la lumière glacée, évoque aussi bien l’ordre que le chaos.
(Et aussi… Matthew Barney, Mark Bradford, Christian Boltanski, Trisha Donnelly, Dan Flavin, Jacqueline Humphries, Pierre Huyghe, Yves Klein, James Lee Byars, François Morellet, Sigmar Polke, Gerhard Richter, Shimabuku et Anicka Yi.)

Enfin, Takashi Murakami nous offre un voyage immersif dans son univers. Trois ensembles composés par l’artiste, et des films d’animation. Mr DOB, un espace Kawaii et The Octopus Eats Its Own Leg. Une plongée dans un monde à part, à la fois sombre et fantastique, où la culture populaire se mêle à l’iconographie bouddhique et manga. Entre manga, tradition et modernité. Entre Orient et Occident. Technique ancestrale et technologie de pointe.

Un parcours d’une immense richesse dont on ressort avec un immense sourire « trop mignon ».

Soyez Au diapason du monde, à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 27 août 2018.

 

 

 

 

Luminothérapie.

Dynamo, Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2013, Grand Palais, mai 2013.

Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art optique et cinétique, célébré au Grand Palais sur près de 4000m2… Attirée par la lumière comme un papillon, je ne puis résister à l’appel plus longtemps !
Le « brouillard sculpté » par Fujiko Nakaya, première œuvre visible, située à l’extérieur du Grand Palais, nous prépare à peine à l’onde de choc visuelle et sensitive qui va nous parcourir. Les mots pour décrire cette exposition se bousculent, autant que cette dernière nous a bousculés !
Ludique… évidemment, est le premier terme qui vient à l’esprit. L’art cinétique ou optique ne se contente pas de laisser le spectateur à ses perceptions, il l’intègre à ses créations. Au gré de nos déplacements, nous avons été déformés, multipliés, colorés… déstabilisés ! On a tourné autour des œuvres, pour les voir par en haut, par en bas, par la gauche, par la droite… Il nous a même été « interdit de ne pas toucher » comme l’ont déclaré les artistes du collectif GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel). Le collectif Grav s’est constitué en 1960 à Paris autour de François Morellet, Joël Stein et Jean-Pierre Yvaral et de Julio Le Parc, Horacio Garcia-Rossi et Francisco Sobrino. Ce sont eux qui ont créé le fameux Labyrinthe de Grav, en 1963 pour la Biennale de Paris. Les 8 salles du labyrinthe ont été reconstituées et l’on imagine les réactions qu’il a provoquées à l’époque… 8 salles qui palpitent, s’activent, s’illuminent, se bousculent sous nos yeux ou avec nos yeux, nos oreilles et tous nos sens ! Sens dessus dessous !
Poétique… vient assez rapidement à l’esprit. Seule la poésie est capable de donner ainsi un autre sens à la réalité. Les titres des œuvres le sont : Licht-Raum-Modulator, Beyond the fans, Néons dans l’espace, Transchromie Mécanique, Spazio Elastico… L’imagination est à son comble, les sens sont en éveil… La vision est brouillée, voire occultée, pour laisser la place aux autres sens qui s’en trouvent aiguisés, et dès que l’on retrouve ses facultés, une autre œuvre vient de nouveau brouiller les pistes. Par exemple, la salle de Gianni Colombo « Spazio Elastico » nous plonge totalement dans l’obscurité pour nous révéler, à mesure que nos yeux s’habituent à l’environnement, une structure dessinée par des fils élastiques bleus lumineux. Le temps est suspendu quand le noir se fait autour de nous, reprend son cours lorsque l’on commence à percevoir la forme que les élastiques lumineux constituent et s’accélère lorsque nous retrouvons notre chemin… Jusqu’à la prochaine œuvre qui nous fera perdre nos repères… Illusions ou Manipulations ?
Physique… 4000m2 à parcourir, c’est assez physique d’autant que les œuvres ne laissent pas vraiment de répit. Fort heureusement, le parcours est bien étudié et les temps calmes alternent avec les temps physiques, des canapés sont disposés entre les différentes salles pour récupérer et repartir de plus belle, l’exposition n’en reste pas moins physique.
Mirifique… 4000m2, un siècle d’art, des œuvres incontournables qui n’avaient pas vu la lumière depuis bien longtemps, d’autres qui ont été créées spécialement pour l’exposition, comme celle dont je parlais au tout début de ce billet, le « brouillard sculpté » de Fujiko Nakaya, mais aussi trois miroirs concaves d’Anish Kapoor, le manège de miroirs de Jeppe Hein, et quelques œuvres de  François Morellet, Carsten Höller, Ann Veronica Janssens, le magnifique et monumental mobile de Xavier Veilhan, le décor des colonnades de la galerie sur la façade du Grand Palais de Felice Varini, qui prend tout son sens vu de l’intérieur… Hypnotique !

Un seul bémol, l’application pour Iphone ne nous en apprend pas beaucoup, elle permet simplement de prendre des photos… que je n’ai pas pu récupérer. En revanche, l’audioguide pour les enfants est très bien fait et Axel a appris plein de choses !
Allez-y, profitez de ce moment de luminothérapie, il est de toute beauté !

Dynamo est au Grand Palais jusqu’au 22 juillet.

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