Infinis d’Asie. Carte blanche à Jean-Baptiste Huynh. Musée Guimet. Avril 2019.

Intimes.

Une aile d’avion qui survole l’Asie… le voyage commence.

Des visages. Des regards. Qui rencontrent l’objectif. Ou pas.
Douceur et apaisement grandissent au fil du parcours.
Les visages côtoient les natures mortes.
Ici, trois grenades, là des peignes, un peu plus loin une aubergine.
D’un minimalisme à la beauté hypnotique.
Et ce noir et blanc.
Cette lumière identique. Ce même fond noir. Ce grain au piqué parfait sur ces formats immenses. Vietnam, Inde, Cambodge, Chine et toujours cet abandon capturé par Huynh.
Et surtout, Huyen, jeune Vietnamienne dont l’histoire croise celle du photographe et que l’on voit grandir d’une image à l’autre, sur vingt ans. Une histoire de temps qui passe… Au milieu de tous ces visages, une petite salle dédiée aux mains. Qui se posent, s’entrelacent et s’expriment dans cette même intimité avec le photographe.
Soudain, la couleur. Comme une claque. Sur un portrait d’un homme au turban d’un vert flamboyant. Fascination…

Dans un second espace, des images de pièces du musée. Bouddhas aux sourires angéliques. Formes rondes aux couleurs et reflets subtils qui se suivent et se font face.
En s’approchant, l’on comprend qu’il s’agit de miroirs antiques ou de bols à thé.
Et cette même esthétique à l’évidente élégance.

Troisième et dernière partie de l’exposition. Réflections. Ici, Huynh, par un jeu de lumière, fait apparaître les visages au milieu de constellations… Immersion poétique.

L’univers intime et bouleversant de Jean-Baptiste Huynh vous attend au musée Guimet jusqu’au 20 mai 2019.

Holy. Carte Blanche à Prune Nourry. Musée Guimet. Mai 2017.

Correspondances.

« La destruction n’est pas une fin en soi ». Prune Nourry compose ce titre en référence à la destruction des statues de Bâmiyân (en Afghanistan) par les talibans en 2001. Et pour illustrer cette réponse, un bouddha de 38 mètres piqué de bâtonnets d’encens réparateurs. Les fragments de ce géant apparaissent au long d’une déambulation au milieu de la collection permanente du Musée Guimet. Les pieds se trouvent dans la cour Khmère, au rez-de-chaussée. Une main au premier étage. Le buste au second. La tête, isolée au centre de la rotonde du dernier étage cueille le visiteur. En y entrant par l’oreille, on y découvre, à la lueur de minuscules diodes rouges, des offrandes funéraires en carton : ordinateurs, machines à laver, trottinette, voitures… Fragmenté mais vertical. Espoir.

En résonance avec la superbe collection permanente du Musée Guimet, les Holy Daughters, et Holy Rivers, projets de Prune Nourry, menés en Inde. L’artiste a réalisé ces divinités hybrides, entre la vache, animal sacré et symbole de fertilité et la fille, vecteur de fertilité, mais non désirée. Questionnements.

Plus loin, les Terracotta Daughters. Dans leurs versions miniatures en porcelaine. L’armée originale de 108 fillettes chinoises en terre cuite est sous terre depuis 2015 en Chine, dans un lieu tenu secret, à l’instar de l’armée de Xian. Il faudra attendre 2030 pour les voir de nouveau. Cette date étant identifiée par les démographes comme l’apogée du déséquilibre hommes–femmes en Chine.

Au sommet du Musée, un film. Où l’on voit le travail de l’artiste et où l’on comprend ses questionnements sur le statut des fillettes dans le monde asiatique. Un parcours qui invite à la contemplation tout autant qu’à la réflexion.

Les divinités de Prune Nourry sont au Musée Guimet jusqu’au 18 septembre 2017.

Bain de culture estival

7 lieux, 7 expositions. Juillet-Août 2016

Le Musée Guimet expose Nobuyoshi Araki, figure de la photographie contemporaine japonaise connu pour ses séries dédiées à l’art du Kinbaku. Des corps ligotés montrent des femmes suspendues, tendues et impassibles à la fois, livrées à l’œil de l’artiste, dans une esthétique graphique. Tout aussi esthétiques, des fleurs, des calligraphies, ainsi qu’une série inédite réalisée pour l’exposition, intitulée « Tokyo tombeau ». L’on en ressort aussi étourdi que séduit par l’incroyable production artistique du photographe, qui déclenchait son obturateur comme il respirait.

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La Fondation Louis Vuitton est habillée depuis le mois de mai par Daniel Buren. Les filtres colorés revêtus par les voiles du vaisseau de Frank Gehry offrent une vision vitaminée de la Fondation, un « observatoire » où les jeux d’ombres et de lumières remplacent la pureté du blanc.
Dans les galeries, la Chine est à l’honneur avec 12 artistes chinois réunis pour l’occasion. L’on pourra y voir une Victoire de Samothrace inversée, cinquante bras de Bouddha ou une déesse pop… Riche et surprenant.

 

Beaubourg nous propose une foisonnante exposition autour de la Beat Generation et de la vague artistique qu’elle a déchaînée. Des poèmes au bout du fil, des photos, des films, des installations… Un voyage dans le temps, au cours duquel il est possible de croiser Bob Dylan, Jack Kerouac, John Giorno ou Allen Ginsberg…

 

Versailles a invité Olafur Eliasson a investir l’espace et l’artiste suédois déploie de subtils et spectaculaires jeux d’eaux et de lumières. Dans les jardins, une immense cascade est installée au bord du Grand Canal alors que notre esprit se trouble à l’apparition des lumières diffractées et miroirs en trompe-l’œil dans la Galerie des Glaces et les salons.

 

La Fondation Cartier nous immerge dans « le grand orchestre des animaux », une exposition jouissive, qui réunit des artistes du monde entier autour d’un monde animal menacé. Peintures, photo, vidéos et enregistrements, tous les sens sont convoqués. Une expérience à vivre.

 

Le Musée de l’Homme, réouvert depuis peu, est une aventure au cœur de l’Histoire de l’Homme. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Les réponses sont là, au sein de cette immense Galerie de l’Homme. La circulation est fluide, les espaces sont lumineux et l’expérience est ludique et instructive. En points d’orgue : le portant de bustes, le mur de langues et le car rapide de Dakar.

 

Le musée Picasso. Picasso forever ! L’hôtel particulier entièrement rénové avec ses grands murs blancs, ses greniers aux poutres apparentes, ses sous-sols tout frais et son escalier métallique qui donne accès au jardin vaut à lui seul le détour. Quant aux œuvres… Les redécouvrir dans ce nouvel écrin est un pur moment de bonheur, j’avais oublié ses paysages…

 

Araki au Musée Guimet, jusqu’au 5 septembre
L’Observatoire de la Lumière de Daniel Buren à la Fondation Vuitton depuis le 11 mai
La Beat Generation au Centre Pompidou jusqu’au 3 octobre
Olafur Eliasson au Château de Versailles jusqu’au 30 octobre
Le Grand Orchestre des Animaux à la Fondation Cartier jusqu’au 8 janvier
Le Musée de l’homme
Le Musée Picasso

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