Changing my day.

Bérénice Abbott (1898-1991), photographies, Jeu de Paume, mars 2012.

Beau temps. Besoin de nourriture pour les yeux… Je me décide pour le Musée du Jeu de Paume et l’exposition Bérénice Abbott. S’y déroule aussi l’exposition « Entrelacs » de Ai Weiwei, mais j’en parlerai un peu plus loin… Bref, je vais voir Bérénice Abbott dont l’histoire me séduit. Son histoire, c’est celle d’une jeune fille du Midwest, issue d’une famille pauvre de l’Ohio, qui, à 18 ans, fuit son avenir un peu trop tracé et pas assez prometteur pour aller à New York. Là, elle rejoint les Beaux Arts, se mêle à la vie de bohême de Greenwitch Village puis, en 1921, elle se rend à Paris et se frotte à l’avant-garde artistique des années folles. Elle y devient la disciple de Man Ray avant d’ouvrir son propre studio. Entre-temps, elle découvre le travail d’Eugène Atget, qu’elle s’efforcera de révéler à travers des productions et publications et qui sera sa source d’inspiration. Comme lui, elle aime le travail de photographe « documentariste » et « urbaniste ». C’est ce qui la décide à retourner à New York pour y entreprendre un de ses chantiers les plus connus : Changing New York. Son travail est financé tout d’abord par la ville de New York puis par le Federal Art Project, alors que la grande dépression frappe le monde et que les cactus poussent bien plus vite que les subventions ! L’expo nous accueille avec une photo d’Eugène Atget, et retrace ces deux périodes à travers photos et documents. Un troisième volet de l’exposition est dédié au parcours de l’artiste sur les 6000km de la côte Est des Etats-Unis, parcours pendant lequel elle dresse le portrait d’un monde rural alors en crise : échoppes, portraits de paysans, lieux de divertissements et de consommation… Toujours avec une vision macroscopique, elle aurait souhaité intégrer ce travail d’environ 200 clichés dans un ensemble qu’elle appelait « la scène américaine ». Le parcours se termine sur un tout autre sujet d’exploration de Bérénice Abbott : la photographie scientifique. Ce travail, elle l’accomplit avec le désir profond de vulgariser la science du XXè siècle.

À travers cette exposition, on voit la volonté d’une femme de talent qui a fait son chemin dans un monde qui, à l’époque était totalement tenu par les hommes ! Un parcours réellement bluffant, entre technique parfaitement maîtrisée et regard acéré sur le monde.

Courez voir Bérénice Abbott au Jeu de Paume, elle est exposée jusqu’au 29 avril. Plus d’infos : www.jeudepaume.org

Retour aux sources.

Monumenta 2011_Léviathan_Anish Kapoor

Organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, MONUMENTA invite chaque année un artiste contemporain de renommée internationale à réaliser une œuvre unique au sein de la Nef du Grand Palais. Après 3 années de succès, c’est au tour du sculpteur britannique Anish Kapoor d’investir les 13 500m2 de la Nef.
Sensation. Vibration. Emotion… Le Léviathan d’Anish Kapoor m’a laissée sans voix pendant un long moment. Propulsée à l’intérieur du monstre marin, je réalise un authentique retour aux sources : la chaleur, le rouge organique, la texture, tout fait référence au ventre maternel et diffuse une sensation de paix intérieure. Malgré une attente assez longue, la foule entre petit à petit, sans précipitation, et pénètre dans le ventre du monstre sans un bruit. Après un court instant d’adaptation, on commence à bouger doucement, se pencher pour observer de plus près la matière, se mouler dans les différentes parties du monstre, s’asseoir et vibrer au rythme de ses battements, se sentir petit, tout petit… pour ressortir par le même tourniquet.
La seconde partie de l’expérience se passe sous la nef, où trône le monstre de 72 000m3 dont on voit cette fois l’extérieur. L’effet est à l’opposé : la vie fourmille sous la nef. Les visiteurs, allègres, jouent avec la structure, tournent autour, observent ses 3 cœurs gigantesques sous toutes les coutures. La toile «aubergine» reflète le soleil qui inonde la Nef. Le temps perd de ses contours, j’ai envie de rester là… Sensation. Vibration. Emotion.
Il paraît que la structure est 100% recyclable. Sous quelle forme le Léviathan va-t-il réapparaître ?

Le léviathan en chiffres :
70 000m3
100m de long
36m de hauteur
100% recyclable

Rencontrez le Léviathan jusqu’au 23 juin, au Grand Palais. Entrée 5€, tarif réduit 2,50€.
Plus d’infos sur : www.monumenta.com

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑