Bégaiement historique.

Michal Rovner_Le Louvre_jusqu’au 15 août 2011

La vie est un éternel recommencement. Voilà ce que j’ai «lu» dans cette installation de Michal Rovner invitée au Louvre. 3 espaces, 3 scènes.
Le premier espace surgit dès l’arrivée dans la cour Napoléon. Là, se trouvent 2 édifices que l’artiste a appelés Makom («espace» en hébreu). Ils se font face, l’un est blanc, reflétant la lumière, parfaitement solide, avec une fente étroite et régulière. L’autre est sombre, ouvert à tous vents, en ruines. Tous deux sont installés dans ce lieu plein d’Histoire, un lieu qui a traversé des révolutions et des guerres, des périodes opulentes et d’autres moins fastes, ayant lui aussi été détruit et reconstruit. Tous deux ont été bâtis avec des pierres provenant de maisons détruites à Jérusalem au Golan et en Syrie, par des maîtres maçons israëliens et palestiniens. Ils montrent le bégaiement des peuples, laissant passer à travers leurs fissures les images d’une histoire plus ancienne et toujours debout.
La seconde scène se déroule dans les salles d’antiquités orientales. On y découvre des projections sur des blocs de pierre, dont une en particulier représente deux formes blanches. J’y ai vu deux femmes drapées dans une valse hésitation. Lorsque l’une tend la main, l’autre montre le poing. Lorsque l’une s’approche, l’autre recule. Là encore, le présent à quelque époque qu’il se situe semble avoir du mal à réparer les failles du passé…
Troisième scène, dans les fossés médiévaux du Louvre, où les installations immenses reprennent le même principe de projection. Un lieu mêlant colonnes et pyramides, où l’on ne sait plus s’il s’agit de Gizeh ou de Pei, de la rue de Rivoli ou du Colisée… Des hommes marchent, comme une procession, mais vers quoi ? pourquoi ?
Sur un autre mur, la scène des femmes voilées est reprise et démultipliée.
Est-ce l’histoire qui bégaie ? Michal Rovner, par cette installation, ne peut laisser indifférent. Passé, présent, légèreté, poids de l’histoire… les images restent imprimées sur la rétine longtemps après être sorti du Louvre.

Michal Rovner reste au Louvre jusqu’au 15 août 2011. Entrée 10€.

Photos de l’auteur. Michal Rovner étant représentée par l’ADAGP, les photos de ses œuvres seront retirées du blog à la fin de l’exposition.

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