Pierre & Gilles, la fabrique des idoles. Philharmonie de Paris. Janvier 2020.

Ecoutez voir.

Des paillettes plein les yeux et du miel entre les oreilles. De Mick Jagger à Etienne Daho, de Kylie Minogue à Clara Luciani, de Iggy Pop à Gainsbourg ou Françoise Hardy, de M à Marilyn Manson ou Madonna… Ils sont tous là. Visages lisses, sans âge ni émotion. Immortels et magnifiés. Transformés en saints, en dieux ou en diables, sur fond de paradis ou d’enfer, entourés d’un entremêlement de symboles. Cœurs rouges, larmes de sang, auréoles, serpents, lys, roses ou éclairs. Idoles passées à la postérité. Les murs sont pailletés, couleur or pour les années 1980, bleu pour célébrer les chanteurs, et rouge pour l’amour et le désir. Un casque sur les oreilles, la déambulation se fait en rythme. Les musiques claquent autant que les images. La notte, la notte… Chic, pop, éclectique… Chacun croisera son idole préférée. Irrésistible.

Mettez des paillettes dans votre vie avec La fabrique des idoles, jusqu’au 23 février 2020 à la Philharmonie de Paris.

Maison Marocaine de la Photographie. Hassan Hajjaj à la MEP. Septembre 2019.

Sapés comme jamais.

Visages de femmes voilés. Portraits en pied de célébrités connues ici ou là. Jambes et pieds vêtus de couleurs chamarrées. Femmes aux tenues estampillées de marques de luxe chevauchant des motos. La MEP explose de couleurs.

Entre Hip Hop, pop art et tradition africaine. Dans la lignée du photographe sénégalais Omar Victor Diop ou avant lui de Malick Sidibe, Hassan Hajjaj affirme à travers les 300 tirages exposés sur les deux niveaux de la MEP le dynamisme et la créativité de la nouvelle génération marocaine et nous en met plein les yeux mixant design, mode et art visuel.

Il crée de nouvelles versions des voiles, sarouals et autres vêtements traditionnels, recycle les nattes, bidons et boîtes de conserve, se moque des marques et logos et insuffle un vent de modernité sur les traditions. Face à ces femmes fortes et à ces hommes souples et légers sur fond fleuris, il suggère un nouveau regard sur les questions du voile et des traditions. Quelles que soient les réponses de chacun, il en est une qui mettra tout le monde d’accord : l’avenir est haut en couleurs.

Hassan Hajjaj a carte blanche à la MEP jusqu’au 17 novembre 2019

Infinis d’Asie. Carte blanche à Jean-Baptiste Huynh. Musée Guimet. Avril 2019.

Intimes.

Une aile d’avion qui survole l’Asie… le voyage commence.

Des visages. Des regards. Qui rencontrent l’objectif. Ou pas.
Douceur et apaisement grandissent au fil du parcours.
Les visages côtoient les natures mortes.
Ici, trois grenades, là des peignes, un peu plus loin une aubergine.
D’un minimalisme à la beauté hypnotique.
Et ce noir et blanc.
Cette lumière identique. Ce même fond noir. Ce grain au piqué parfait sur ces formats immenses. Vietnam, Inde, Cambodge, Chine et toujours cet abandon capturé par Huynh.
Et surtout, Huyen, jeune Vietnamienne dont l’histoire croise celle du photographe et que l’on voit grandir d’une image à l’autre, sur vingt ans. Une histoire de temps qui passe… Au milieu de tous ces visages, une petite salle dédiée aux mains. Qui se posent, s’entrelacent et s’expriment dans cette même intimité avec le photographe.
Soudain, la couleur. Comme une claque. Sur un portrait d’un homme au turban d’un vert flamboyant. Fascination…

Dans un second espace, des images de pièces du musée. Bouddhas aux sourires angéliques. Formes rondes aux couleurs et reflets subtils qui se suivent et se font face.
En s’approchant, l’on comprend qu’il s’agit de miroirs antiques ou de bols à thé.
Et cette même esthétique à l’évidente élégance.

Troisième et dernière partie de l’exposition. Réflections. Ici, Huynh, par un jeu de lumière, fait apparaître les visages au milieu de constellations… Immersion poétique.

L’univers intime et bouleversant de Jean-Baptiste Huynh vous attend au musée Guimet jusqu’au 20 mai 2019.

Women House. Monnaie de Paris. Décembre 2017.

Girl Power!

Elles sont 40. Elles viennent des Etats-Unis, du Mexique, d’Iran, de France, du Portugal ou d’Allemagne… Elles ont œuvré dans les années 1920 mais sont aussi nos contemporaines. La Monnaie de Paris leur dédie le palais du 11 quai Conti pour une exposition où l’espace domestique et le féminin dialoguent et se chahutent. Photographie, vidéo, sculpture, collage, tissage… Huit chapitres. 1000m2. Et autant de visions. Humour, puissance, douleur, délicatesse, poésie… Sur tous les tons, ces artistes replacent les femmes au cœur d’une histoire dont elles étaient exclues, les sortant de ce foyer-protecteur-prison.

Les regards décalés de Cindy Sherman et l’humour noir de Birgit Jurgenssen font sourire au premier chapitre « Desperate Housewives ». L’emprisonnement de Martha Rosler et de Lydia Schouten bouscule au chapitre deux « La Maison cette blessure ». Les armoires de Claude Cahun, ou de Kirsten Justesen choquent au chapitre trois inspiré par Virginia Wolf et « une chambre à soi ». Le chapitre quatre et les « Maisons de Poupées » de Penny Slinger et Laurie Simmons effraient un peu. Un glissement poétique se fait sentir au chapitre « Empreintes » et « Construire, c’est se construire ». Le chapitre sept et les « Mobil’Homes » est un peu plus explorateur et engagé. Et l’on arrive au chapitre huit et aux célèbres « Femmes-Maisons » dont les porte-parole sont Nikki de Saint-Phalle et ses Nana et Louise Bourgeois dont la monumentale Spider trône, protectrice et envoûtante, dans le somptueux salon de la Monnaie de Paris. Dans les cours de la Monnaie, sont exposées une « Nana » monumentale et colorée de Nikki de Saint-Phalle, l’impressionnant « salon de coiffure » de Shen Yuan où s’entremêlent fibres de chanvre et œufs, et la délicate prison dorée, intitulée « Théière » de Joana Vasconcelos. La femme est l’avenir de l’homme…

Célébrez les femmes à la Monnaie de Paris jusqu’au 28 janvier 2018.

 

Être moderne. Le Moma à Paris. Fondation Louis Vuitton. Novembre 2017.

Le rêve américain.

Des noms qui claquent comme un cours d’histoire de l’art. Des œuvres comme des légendes. Deschamp. Warhol. Rothko. Sherman. Matisse. Sol LeWitt. Lichtenstein. Magritte. Malevich. Man Ray. Neumann. Kusama, Jasper Johns… Toute la Fondation est dédiée au Moma. Plus de 200 œuvres, en provenance des six départements du musée. Sculptures, peintures, estampes, photographies, films, œuvres numériques, performances, objets d’architecture et de design. Illustrant toutes les facettes des collections du musée américain. Esquissant ainsi un parcours historique.

Ouverture sur la première décennie du MoMa. Edward Hopper, Cézanne, Brancusi, Walker Evans, Pollock, de Kooning. Suit le pop art et les années 1960. Les soupes d’Andy Warhol, le double Elvis du même Warhol, La desperate Housewife de Lichtenstein et les jumelles de Diane Arbus… En haut, Sol LeWitt avec son dessin mural nous accueille. Un peu plus loin, une salle est consacrée au questionnement sur le rôle des femmes à travers le regard de Cindy Sherman. Une pile de bonbons nous attend dans un coin, déposée là par l’artiste Felix Torres Gonzales. Dans une autre salle, Roman Ondak prend la mesure de l’univers et l’on inscrit son nom sur le mur. Un autre mur est consacré, lui, aux 176 Emoji de Shigetaka Kurita.
Le parcours s’achève en musique et en beauté, avec l’art sonore de Janet Cardiff et son motet, moment de recueillement. Un sacré parcours.

Soyez modernes jusqu’au 5 mars 2018, à la Fondation Vuitton.

Malick Sidibe. Mali Twist. Fondation Cartier. Décembre 2017

Le dimanche à Bamako.

Une ambiance de fête nous accueille : une playlist originale a été concoctée spécialement pour l’exposition. Immersion. Sur les murs, la jeunesse du Bamako du début des années 1960 rayonne. Les couples s’enlacent, les danseurs se déhanchent, les garçons et les filles posent, seuls ou en groupe. Tous se prêtent volontiers au jeu et la joie se lit dans tous les regards et sur toutes les attitudes.

La fête se poursuit le long du fleuve Niger et au sous-sol de la Fondation. Spontanéité, humour et joie de vivre sont là, sur toutes les images captées par le photographe malien. Dans son studio, au décor minimaliste, chacun vient poser, sur une moto, avec un sound machine, seul ou en groupe… Malick Sidibe saisit avec justesse les expressions de tous, en gros plans ou en plans plus larges. Un témoignage de cette époque en plus de 250 tirages. Et, pour finir, le studio est reconstitué pour que chacun puisse poursuivre, à sa façon le travail de l’artiste. Une expo qui réchauffe.

Déhanchez-vous à la Fondation Cartier jusqu’au 25/02 2018.

MMM. Matthieu Chedid rencontre Martin Parr. Philharmonie de Paris.

À voir avec ses oreilles.

Huit ambiances sonores, chacune composée d’un seul instrument. Huit ambiances visuelles déployant un thème. Et des images tantôt collées sur un transat, parfois projetées sur des murs, ici collées façon fresque dans une petite salle, là accrochées le long d’une paroi… Les univers des deux artistes se complètent et nous immergent, au long d’une déambulation sensorielle poétique et tendre, teintée de dérision. Où l’on découvre qu’il est possible de voir une mélodie et d’entendre des images. 

MMM se joue à la Philharmonie de Paris jusqu’au 29 janvier 2017.

Bain de culture estival

7 lieux, 7 expositions. Juillet-Août 2016

Le Musée Guimet expose Nobuyoshi Araki, figure de la photographie contemporaine japonaise connu pour ses séries dédiées à l’art du Kinbaku. Des corps ligotés montrent des femmes suspendues, tendues et impassibles à la fois, livrées à l’œil de l’artiste, dans une esthétique graphique. Tout aussi esthétiques, des fleurs, des calligraphies, ainsi qu’une série inédite réalisée pour l’exposition, intitulée « Tokyo tombeau ». L’on en ressort aussi étourdi que séduit par l’incroyable production artistique du photographe, qui déclenchait son obturateur comme il respirait.

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La Fondation Louis Vuitton est habillée depuis le mois de mai par Daniel Buren. Les filtres colorés revêtus par les voiles du vaisseau de Frank Gehry offrent une vision vitaminée de la Fondation, un « observatoire » où les jeux d’ombres et de lumières remplacent la pureté du blanc.
Dans les galeries, la Chine est à l’honneur avec 12 artistes chinois réunis pour l’occasion. L’on pourra y voir une Victoire de Samothrace inversée, cinquante bras de Bouddha ou une déesse pop… Riche et surprenant.

 

Beaubourg nous propose une foisonnante exposition autour de la Beat Generation et de la vague artistique qu’elle a déchaînée. Des poèmes au bout du fil, des photos, des films, des installations… Un voyage dans le temps, au cours duquel il est possible de croiser Bob Dylan, Jack Kerouac, John Giorno ou Allen Ginsberg…

 

Versailles a invité Olafur Eliasson a investir l’espace et l’artiste suédois déploie de subtils et spectaculaires jeux d’eaux et de lumières. Dans les jardins, une immense cascade est installée au bord du Grand Canal alors que notre esprit se trouble à l’apparition des lumières diffractées et miroirs en trompe-l’œil dans la Galerie des Glaces et les salons.

 

La Fondation Cartier nous immerge dans « le grand orchestre des animaux », une exposition jouissive, qui réunit des artistes du monde entier autour d’un monde animal menacé. Peintures, photo, vidéos et enregistrements, tous les sens sont convoqués. Une expérience à vivre.

 

Le Musée de l’Homme, réouvert depuis peu, est une aventure au cœur de l’Histoire de l’Homme. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Les réponses sont là, au sein de cette immense Galerie de l’Homme. La circulation est fluide, les espaces sont lumineux et l’expérience est ludique et instructive. En points d’orgue : le portant de bustes, le mur de langues et le car rapide de Dakar.

 

Le musée Picasso. Picasso forever ! L’hôtel particulier entièrement rénové avec ses grands murs blancs, ses greniers aux poutres apparentes, ses sous-sols tout frais et son escalier métallique qui donne accès au jardin vaut à lui seul le détour. Quant aux œuvres… Les redécouvrir dans ce nouvel écrin est un pur moment de bonheur, j’avais oublié ses paysages…

 

Araki au Musée Guimet, jusqu’au 5 septembre
L’Observatoire de la Lumière de Daniel Buren à la Fondation Vuitton depuis le 11 mai
La Beat Generation au Centre Pompidou jusqu’au 3 octobre
Olafur Eliasson au Château de Versailles jusqu’au 30 octobre
Le Grand Orchestre des Animaux à la Fondation Cartier jusqu’au 8 janvier
Le Musée de l’homme
Le Musée Picasso

Fenêtre sur l’Afrique.

Studio Portrait(s). Malick Sidibé / Omar Victor Diop. Galerie du Jour Agnès B. Février 2016.

Quasiment 50 ans d’écart. Noir & Blanc contre couleurs. Le Mali face au Sénégal.

Malick Sidibé, d’abord. L’un des pionniers avec Seydou Keïta à se lancer dans l’art du portrait et à en réinventer les règles. Ses portraits de la jeunesse africaine des années 1960 sont empreints d’une esthétique décontractée et nous invitent dans les soirées du Bamako de l’époque. Avec ses yéyés, ses sapeurs, sa frime. Des images qui prennent vie grâce au regard de celui qui est surnommé « l’œil de Bamako ». L’effervescence de la vie culturelle malienne de l’époque explose sur tous ses clichés. Et avec elle, l’insouciance, la spontanéité, la simplicité et la joie de vivre. Devant un scooter, une voiture, sur leur 31 ou en slip de bain, le « tout Bamako » pose devant l’objectif : l’élégance et la grâce sont au rendez-vous.

Changement de salle. Couleurs. Omar Victor Diop apporte son regard sur la jeunesse Dakaroise d’aujourd’hui et questionne par la même occasion le rôle du photographe. Ceux qu’il a photographiés dans sa série intitulée « Studio des vanités » exposée ici, font partie de la scène culturelle sénégalaise d’aujourd’hui. Tous nés dans les années 1980, ils sont compositeurs, journalistes, musiciens, acteurs… et ont choisi leur mise en scène avec lui. Ils transmettent leur vision autant que celle du photographe et l’on ne sait plus qui regarde qui.  Sophistiquées, à la frontière entre peinture et photographie, les images à l’esthétique pop dégagent une force de vie et d’envie qui éclate tout autant que les couleurs.

Un face à face qui transmet l’âme de la jeunesse africaine et montre l’évolution et le bouillonnement créatif de l’Afrique de l’Ouest. Niedem.

 

Les saveurs de l’Afrique sont à la Galerie du Jour Agnès B jusqu’au 19 mars 2016.

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