Picasso – Giacometti. Musée Picasso.

Dialogue.

Deux monstres sacrés. Vingt ans d’écart. Des personnalités aussi charismatiques qu’explosives. Pourtant, un dialogue. Pablo Picasso & Alberto Giacometti sont réunis en un face à face sur deux étages du Musée Picasso.

200 œuvres, huit salles organisées dans un parcours thématique et chronologique en résonance. Dessins, peintures, sculptures. La première salle laisse entrevoir la naissance des deux génies, montrant leurs premiers autoportraits, dans un style réaliste inspiré par l’époque pour ces deux fils d’artistes élevés dans l’atelier de leurs pères respectifs.

Les salles se succèdent, la correspondance entre les deux artistes s’installe : influences lointaines, passage au plan, la vie et la mort, l’amour, le retour au réalisme. Les thèmes sont autant de témoignages de ce dialogue entre les deux titans. La liberté de Picasso grandit, Giacometti s’approprie ce vocabulaire moderne. L’homme qui marche (Giacometti) et Paul en Arlequin (Picasso). Grand nu au fauteuil rouge (Picasso) et la femme égorgée (Giacometti). Le taureau (Picasso) et la tête de cheval (Giacometti). La chèvre (Picasso) et le chien (Giacometti)… L’un dans les rondeurs, l’autre dans la maigreur famélique. L’un dans la couleur, l’autre dans les nuances de gris. L’un semble crier, l’autre est fait de silence.

Dans ce dialogue, l’un des points communs est indéniablement l’incessant travail des deux artistes. Le plaisir que l’on prend à découvrir et redécouvrir leurs chefs d’œuvres est immense… Et toujours cet hôtel salé.

Picasso et Giacometti dialoguent jusqu’au 5 février 2017 au Musée Picasso.

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Bain de culture estival

7 lieux, 7 expositions. Juillet-Août 2016

Le Musée Guimet expose Nobuyoshi Araki, figure de la photographie contemporaine japonaise connu pour ses séries dédiées à l’art du Kinbaku. Des corps ligotés montrent des femmes suspendues, tendues et impassibles à la fois, livrées à l’œil de l’artiste, dans une esthétique graphique. Tout aussi esthétiques, des fleurs, des calligraphies, ainsi qu’une série inédite réalisée pour l’exposition, intitulée « Tokyo tombeau ». L’on en ressort aussi étourdi que séduit par l’incroyable production artistique du photographe, qui déclenchait son obturateur comme il respirait.

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La Fondation Louis Vuitton est habillée depuis le mois de mai par Daniel Buren. Les filtres colorés revêtus par les voiles du vaisseau de Frank Gehry offrent une vision vitaminée de la Fondation, un « observatoire » où les jeux d’ombres et de lumières remplacent la pureté du blanc.
Dans les galeries, la Chine est à l’honneur avec 12 artistes chinois réunis pour l’occasion. L’on pourra y voir une Victoire de Samothrace inversée, cinquante bras de Bouddha ou une déesse pop… Riche et surprenant.

 

Beaubourg nous propose une foisonnante exposition autour de la Beat Generation et de la vague artistique qu’elle a déchaînée. Des poèmes au bout du fil, des photos, des films, des installations… Un voyage dans le temps, au cours duquel il est possible de croiser Bob Dylan, Jack Kerouac, John Giorno ou Allen Ginsberg…

 

Versailles a invité Olafur Eliasson a investir l’espace et l’artiste suédois déploie de subtils et spectaculaires jeux d’eaux et de lumières. Dans les jardins, une immense cascade est installée au bord du Grand Canal alors que notre esprit se trouble à l’apparition des lumières diffractées et miroirs en trompe-l’œil dans la Galerie des Glaces et les salons.

 

La Fondation Cartier nous immerge dans « le grand orchestre des animaux », une exposition jouissive, qui réunit des artistes du monde entier autour d’un monde animal menacé. Peintures, photo, vidéos et enregistrements, tous les sens sont convoqués. Une expérience à vivre.

 

Le Musée de l’Homme, réouvert depuis peu, est une aventure au cœur de l’Histoire de l’Homme. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Les réponses sont là, au sein de cette immense Galerie de l’Homme. La circulation est fluide, les espaces sont lumineux et l’expérience est ludique et instructive. En points d’orgue : le portant de bustes, le mur de langues et le car rapide de Dakar.

 

Le musée Picasso. Picasso forever ! L’hôtel particulier entièrement rénové avec ses grands murs blancs, ses greniers aux poutres apparentes, ses sous-sols tout frais et son escalier métallique qui donne accès au jardin vaut à lui seul le détour. Quant aux œuvres… Les redécouvrir dans ce nouvel écrin est un pur moment de bonheur, j’avais oublié ses paysages…

 

Araki au Musée Guimet, jusqu’au 5 septembre
L’Observatoire de la Lumière de Daniel Buren à la Fondation Vuitton depuis le 11 mai
La Beat Generation au Centre Pompidou jusqu’au 3 octobre
Olafur Eliasson au Château de Versailles jusqu’au 30 octobre
Le Grand Orchestre des Animaux à la Fondation Cartier jusqu’au 8 janvier
Le Musée de l’homme
Le Musée Picasso

Histoire de l’art. Jubilatoire.

Les clefs d’une passion. Fondation Louis Vuitton. Mai 2015.

Tout commence avec l’apparition du vaisseau de verre et d’acier de Frank Gehry au-dessus de la canopée du Bois de Boulogne. Ensuite, vient la découverte d’un lieu inondé de lumière, aux courbes sensuelles, dont aucun détail ne semble avoir été laissé au hasard. Puis, arrive l’espace dédié à l’exposition temporaire. Pour la troisième étape de l’inauguration de la fondation, le projet est de dessiner l’histoire de la modernité. Le parcours est organisé en quatre séquences : expressionnisme subjectif, contemplative, popiste et musique et offre à nos yeux des œuvres majeures de la première moitié du XXème siècle, devenues références de l’histoire de l’art et rarement mises en regard. Des icones.

« Le cri » de Munch surgit sous nos yeux presque immédiatement dans la première salle du parcours pour la séquence expressionnisme subjectifEn vis-à-vis, le frêle et immense « Homme qui marche », le « portrait de Jean Genet » d’Alberto Giacometti. Mais aussi « l’homme sans visage » de Kazimir Malévitch, Francis Bacon, Otto Dix et Hélène Schjerfbeck. Les œuvres – les chefs d’œuvres – de cette séquence se répondent dans un même questionnement  quant à la vie et la mort, l’angoisse et la solitude. Un thème propre aux grands bouleversements dans le courant de pensées philosophiques du début du XXè siècle auquel les artistes font écho. Émotion.

Seconde salle. Seconde séquence. Contemplative. Aux « Nymphéas » de Claude Monet et à leur prédominance bleu-vert font écho les gris argentés de Akseli Gallen-Kallela dans la série du « Lac Keitele ». Aux lignes parallèles de Ferdinand Hodler et de Emil Nolde s’opposent les ovales pointillistes de Piet Mondrian dans sa série « Dune ». Béatitude.

Troisième salle. Mark Rothko capte mon regard, majestueux. L’abstraction. La simplification. Un Piet Mondrian, cette fois radicalisé dans les lignes et les couleurs est présenté avec ses « compositions dans le losange avec deux lignes ». Kazimir Malévitch répond avec le « carré noir », le « cercle noir » et la « croix noire ». Côté sculpture, l’iconique « colonne sans fin » de Constantin Brancusi. Sensation.

Quatrième salle. Pierre Bonnard et son « Été », Pablo Picasso dans sa période « Marie-Thérèse » avec une sculpture et trois portraits. Bonheur intense.

Vitalité et dynamisme caractérisent la cinquième salle, dédiée à la séquence popiste. Le progrès de la vie moderne s’exprime avec un engagement total des artistes dont Robert Delaunay, Fernand Léger et Francis Picabia. Explosion.

Pour clore ce parcours en musique, la Fondation Vuitton fait appel à Wassily Kandinsky et la série des « panneaux pour Edwin R. Campbell », Frantisek Kupka, Gino Severini et Henri Matisse avec « La tristesse du roi » et « la Danse ». Joie immense.

Un accrochage magistral et une rencontre exceptionnelle avec des chefs d’œuvre du monde entier qui d’ordinaire ne se montrent pas. Un réel cours d’histoire de l’art. Jubilatoire.

Les clefs d’une passion sont à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 6 juillet 2015.

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