Être moderne. Le Moma à Paris. Fondation Louis Vuitton. Novembre 2017.

Le rêve américain.

Des noms qui claquent comme un cours d’histoire de l’art. Des œuvres comme des légendes. Deschamp. Warhol. Rothko. Sherman. Matisse. Sol LeWitt. Lichtenstein. Magritte. Malevich. Man Ray. Neumann. Kusama, Jasper Johns… Toute la Fondation est dédiée au Moma. Plus de 200 œuvres, en provenance des six départements du musée. Sculptures, peintures, estampes, photographies, films, œuvres numériques, performances, objets d’architecture et de design. Illustrant toutes les facettes des collections du musée américain. Esquissant ainsi un parcours historique.

Ouverture sur la première décennie du MoMa. Edward Hopper, Cézanne, Brancusi, Walker Evans, Pollock, de Kooning. Suit le pop art et les années 1960. Les soupes d’Andy Warhol, le double Elvis du même Warhol, La desperate Housewife de Lichtenstein et les jumelles de Diane Arbus… En haut, Sol LeWitt avec son dessin mural nous accueille. Un peu plus loin, une salle est consacrée au questionnement sur le rôle des femmes à travers le regard de Cindy Sherman. Une pile de bonbons nous attend dans un coin, déposée là par l’artiste Felix Torres Gonzales. Dans une autre salle, Roman Ondak prend la mesure de l’univers et l’on inscrit son nom sur le mur. Un autre mur est consacré, lui, aux 176 Emoji de Shigetaka Kurita.
Le parcours s’achève en musique et en beauté, avec l’art sonore de Janet Cardiff et son motet, moment de recueillement. Un sacré parcours.

Soyez modernes jusqu’au 5 mars 2018, à la Fondation Vuitton.

Picasso – Giacometti. Musée Picasso.

Dialogue.

Deux monstres sacrés. Vingt ans d’écart. Des personnalités aussi charismatiques qu’explosives. Pourtant, un dialogue. Pablo Picasso & Alberto Giacometti sont réunis en un face à face sur deux étages du Musée Picasso.

200 œuvres, huit salles organisées dans un parcours thématique et chronologique en résonance. Dessins, peintures, sculptures. La première salle laisse entrevoir la naissance des deux génies, montrant leurs premiers autoportraits, dans un style réaliste inspiré par l’époque pour ces deux fils d’artistes élevés dans l’atelier de leurs pères respectifs.

Les salles se succèdent, la correspondance entre les deux artistes s’installe : influences lointaines, passage au plan, la vie et la mort, l’amour, le retour au réalisme. Les thèmes sont autant de témoignages de ce dialogue entre les deux titans. La liberté de Picasso grandit, Giacometti s’approprie ce vocabulaire moderne. L’homme qui marche (Giacometti) et Paul en Arlequin (Picasso). Grand nu au fauteuil rouge (Picasso) et la femme égorgée (Giacometti). Le taureau (Picasso) et la tête de cheval (Giacometti). La chèvre (Picasso) et le chien (Giacometti)… L’un dans les rondeurs, l’autre dans la maigreur famélique. L’un dans la couleur, l’autre dans les nuances de gris. L’un semble crier, l’autre est fait de silence.

Dans ce dialogue, l’un des points communs est indéniablement l’incessant travail des deux artistes. Le plaisir que l’on prend à découvrir et redécouvrir leurs chefs d’œuvres est immense… Et toujours cet hôtel salé.

Picasso et Giacometti dialoguent jusqu’au 5 février 2017 au Musée Picasso.

Arrêt sur images.

Ron Mueck, Fondation Cartier, juillet 2013.

Une exposition entre émotion, respect et trouble, dont on ne sort pas tout à fait.

Emotion devant ces sculptures saisissantes de réalisme, telles des arrêts sur images de personnes que l’on aurait croisées dans sa rue. Comme la jeune femme protégeant son enfant, qui porte ses courses à bout de bras et toute la misère du monde sur ses épaules. Parfois irréelles, comme cet homme nu dans sa barque, qui regarde au loin, perdu dans ses pensées ou perdu. Tout court.

Trouble face à ces expressions si mystérieuses, tristes, songeuses, lointaines et pourtant si proches. Devant ces êtres trop grands ou trop petits, qui jouent avec nos sens et semblent s’éloigner ou se rapprocher paraissant encore plus vivants. Comme cet homme aux lunettes de soleil, suspendu sur un mur bleu océan.

Respect pour toute cette maîtrise, qui fait oublier que ces êtres ne sont pas vivants et qui pose des questions sur ce qu’ils viennent de vivre pour porter un tel regard sur nous. Une maîtrise qui a su capter la précision des gestes, les moindres plis et marques de la peau, l’exactitude des regards, pour nous les livrer en silence. Comme ce jeune couple qui semble si paisiblement amoureux de face, mais dont la façon de se tenir rend si nerveux de dos.

Neuf œuvres saisissantes et un documentaire tourné dans le quotidien de l’atelier de l’artiste, durant 18 mois… silencieux lui aussi.

Le jardin de la Fondation se prête particulièrement bien à la méditation qui s’impose en sortant de là.

Rencontrez les saisissantes créatures de Ron Mueck jusqu’au 27 octobre à la Fondation Cartier.

3000 ans d’un coup de gomme.

Giacometti et les étrusques, Pinacothèque.

La Monalisa Etrusque «l’ombre du soir», environ 3000 ans avant J-C face à «la grande femme debout», d’Alberto Giacometti, 1960… Troublante ressemblance. Ce seul parallèle m’a donné l’impression d’un coup de gomme : 3000 ans qui disparaissent comme ça. La ressemblance a laissé Giacometti lui-même sans voix, lorsqu’il a découvert l’art étrusque au musée du Louvre en 1955. Cette confrontation est mise en avant dans cette magnifique exposition qui s’amuse à semer le doute et nous pousse à jouer à qui a sculpté quoi ?
Très documentée, cette exposition offre plus qu’un voyage dans le temps, elle nous donne un nouvel éclairage sur les superbes sculptures tourmentées de Giacometti et le raffinement des sculptures étrusques. Les frêles silhouettes longilignes continuent de nous hypnotiser longtemps après… Allez-y !

Rencontrez Giacometti et les étrusques à la Pinacothèque jusqu’au 8 janvier 2012.
28 place de la Madeleine-75008 Paris. www.pinacotheque.com.

Retour aux sources.

Monumenta 2011_Léviathan_Anish Kapoor

Organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, MONUMENTA invite chaque année un artiste contemporain de renommée internationale à réaliser une œuvre unique au sein de la Nef du Grand Palais. Après 3 années de succès, c’est au tour du sculpteur britannique Anish Kapoor d’investir les 13 500m2 de la Nef.
Sensation. Vibration. Emotion… Le Léviathan d’Anish Kapoor m’a laissée sans voix pendant un long moment. Propulsée à l’intérieur du monstre marin, je réalise un authentique retour aux sources : la chaleur, le rouge organique, la texture, tout fait référence au ventre maternel et diffuse une sensation de paix intérieure. Malgré une attente assez longue, la foule entre petit à petit, sans précipitation, et pénètre dans le ventre du monstre sans un bruit. Après un court instant d’adaptation, on commence à bouger doucement, se pencher pour observer de plus près la matière, se mouler dans les différentes parties du monstre, s’asseoir et vibrer au rythme de ses battements, se sentir petit, tout petit… pour ressortir par le même tourniquet.
La seconde partie de l’expérience se passe sous la nef, où trône le monstre de 72 000m3 dont on voit cette fois l’extérieur. L’effet est à l’opposé : la vie fourmille sous la nef. Les visiteurs, allègres, jouent avec la structure, tournent autour, observent ses 3 cœurs gigantesques sous toutes les coutures. La toile «aubergine» reflète le soleil qui inonde la Nef. Le temps perd de ses contours, j’ai envie de rester là… Sensation. Vibration. Emotion.
Il paraît que la structure est 100% recyclable. Sous quelle forme le Léviathan va-t-il réapparaître ?

Le léviathan en chiffres :
70 000m3
100m de long
36m de hauteur
100% recyclable

Rencontrez le Léviathan jusqu’au 23 juin, au Grand Palais. Entrée 5€, tarif réduit 2,50€.
Plus d’infos sur : www.monumenta.com

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