Women House. Monnaie de Paris. Décembre 2017.

Girl Power!

Elles sont 40. Elles viennent des Etats-Unis, du Mexique, d’Iran, de France, du Portugal ou d’Allemagne… Elles ont œuvré dans les années 1920 mais sont aussi nos contemporaines. La Monnaie de Paris leur dédie le palais du 11 quai Conti pour une exposition où l’espace domestique et le féminin dialoguent et se chahutent. Photographie, vidéo, sculpture, collage, tissage… Huit chapitres. 1000m2. Et autant de visions. Humour, puissance, douleur, délicatesse, poésie… Sur tous les tons, ces artistes replacent les femmes au cœur d’une histoire dont elles étaient exclues, les sortant de ce foyer-protecteur-prison.

Les regards décalés de Cindy Sherman et l’humour noir de Birgit Jurgenssen font sourire au premier chapitre « Desperate Housewives ». L’emprisonnement de Martha Rosler et de Lydia Schouten bouscule au chapitre deux « La Maison cette blessure ». Les armoires de Claude Cahun, ou de Kirsten Justesen choquent au chapitre trois inspiré par Virginia Wolf et « une chambre à soi ». Le chapitre quatre et les « Maisons de Poupées » de Penny Slinger et Laurie Simmons effraient un peu. Un glissement poétique se fait sentir au chapitre « Empreintes » et « Construire, c’est se construire ». Le chapitre sept et les « Mobil’Homes » est un peu plus explorateur et engagé. Et l’on arrive au chapitre huit et aux célèbres « Femmes-Maisons » dont les porte-parole sont Nikki de Saint-Phalle et ses Nana et Louise Bourgeois dont la monumentale Spider trône, protectrice et envoûtante, dans le somptueux salon de la Monnaie de Paris. Dans les cours de la Monnaie, sont exposées une « Nana » monumentale et colorée de Nikki de Saint-Phalle, l’impressionnant « salon de coiffure » de Shen Yuan où s’entremêlent fibres de chanvre et œufs, et la délicate prison dorée, intitulée « Théière » de Joana Vasconcelos. La femme est l’avenir de l’homme…

Célébrez les femmes à la Monnaie de Paris jusqu’au 28 janvier 2018.

 

Être moderne. Le Moma à Paris. Fondation Louis Vuitton. Novembre 2017.

Le rêve américain.

Des noms qui claquent comme un cours d’histoire de l’art. Des œuvres comme des légendes. Deschamp. Warhol. Rothko. Sherman. Matisse. Sol LeWitt. Lichtenstein. Magritte. Malevich. Man Ray. Neumann. Kusama, Jasper Johns… Toute la Fondation est dédiée au Moma. Plus de 200 œuvres, en provenance des six départements du musée. Sculptures, peintures, estampes, photographies, films, œuvres numériques, performances, objets d’architecture et de design. Illustrant toutes les facettes des collections du musée américain. Esquissant ainsi un parcours historique.

Ouverture sur la première décennie du MoMa. Edward Hopper, Cézanne, Brancusi, Walker Evans, Pollock, de Kooning. Suit le pop art et les années 1960. Les soupes d’Andy Warhol, le double Elvis du même Warhol, La desperate Housewife de Lichtenstein et les jumelles de Diane Arbus… En haut, Sol LeWitt avec son dessin mural nous accueille. Un peu plus loin, une salle est consacrée au questionnement sur le rôle des femmes à travers le regard de Cindy Sherman. Une pile de bonbons nous attend dans un coin, déposée là par l’artiste Felix Torres Gonzales. Dans une autre salle, Roman Ondak prend la mesure de l’univers et l’on inscrit son nom sur le mur. Un autre mur est consacré, lui, aux 176 Emoji de Shigetaka Kurita.
Le parcours s’achève en musique et en beauté, avec l’art sonore de Janet Cardiff et son motet, moment de recueillement. Un sacré parcours.

Soyez modernes jusqu’au 5 mars 2018, à la Fondation Vuitton.

Trouble.

Mona Hatoum. Centre Georges Pompidou. Juillet 2015.

« So much I want to say ». Première vidéo, dès l’entrée de l’exposition, la phrase est répétée en boucle par l’artiste, qui se couvre le visage avec les mains. Obsessions, réflexions, engagements, les messages sont transmis tout au long du parcours. 2000m2 de troubles, de craintes, d’inquiétudes, d’intimité et une pointe d’ironie et de jeu, la première grande rétrospective pour cette artiste née de parents palestiniens en 1952 à Beyrouth. Mona Hatoum quitte le Liban en 1975 pour un court séjour à Londres… La guerre éclate au Liban, elle restera à Londres et entamera des études d’art. Ses œuvres sont le reflet de sa vie intime et de ses propres questionnements, comme des obsessions.

Des cages… Surdimensionnées mises en perspectives enfermant ceux qui passent (Cube 2006)… Cages à poules, superposées formant une sorte de ville HLM, laissant passer un fil avec une ampoule qui se balance et crée des ombres mouvantes sur les murs en même temps qu’une sensation d’instabilité (Light sentence 1992)… Cages de fil de fer barbelé, qui lévitent à 10 centimètres du sol et dont le nom est aussi sinistre qu’évocateur « impénétrable » (2009)… Cages verticales, faites de barres d’acier légèrement inclinées desquelles semblent s’échapper des formes molles en verre rouge aux allures d’organes humains (cellules 2012-2013).

Des cartes… 2200 pains de savon à l’huile d’olive fabriqués traditionnellement à Naplouse, dans lesquels sont enfoncées des perles de rocaille en verre rouge pour tracer le contour de l’état d’Israël, tel qu’il a été défini initialement en 1993 par les accords d’Oslo (présent tense, 1996/2011)… Un tapis persan, sur lequel les continents apparaissent comme « en négatif », comme s’ils avaient été rongés (Bukhara, 2008)… Un globe géant, incliné et réalisé à partir de néons rouges traçant les contours des continents. Rayonnements et vibrations évoquent les nombreux points de crises et de conflits (Hot Spots, 2014)… Des cercles concentriques découpés dans la surface de plans de rues de Bagdad et Kaboul, montés sur plateaux, créant des perspectives troublantes et mouvantes, comme des cratères (3-D Cities, 2008-2010)… Des billes de verre comme du cristal créant une carte du monde dont les contours fluctuent au passage de ses observateurs, montrant toute la vulnérabilité (l’absurdité) de ses frontières (Map – Clear, 2014).

Des cheveux… comme dans cette pièce dont le sol est jonché de boules de cheveux menant à un métier à tisser des cheveux et dans laquelle pendent des cheveux collés au plafond (Recollection 1995)… Tissés sur de petits tableaux de papier, formant une composition avec des ongles et d’autres matières organiques (œuvres sur papier, 1977-2013).

Mona Hatoum provoque, par tous les moyens, corps, vidéos, sculptures, performances… Puissant et perturbant.

Secouez votre esprit avec Mona Hatoum au Centre Pompidou jusqu’au 28 septembre 2015.

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