Luminothérapie.

Dynamo, Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2013, Grand Palais, mai 2013.

Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art optique et cinétique, célébré au Grand Palais sur près de 4000m2… Attirée par la lumière comme un papillon, je ne puis résister à l’appel plus longtemps !
Le « brouillard sculpté » par Fujiko Nakaya, première œuvre visible, située à l’extérieur du Grand Palais, nous prépare à peine à l’onde de choc visuelle et sensitive qui va nous parcourir. Les mots pour décrire cette exposition se bousculent, autant que cette dernière nous a bousculés !
Ludique… évidemment, est le premier terme qui vient à l’esprit. L’art cinétique ou optique ne se contente pas de laisser le spectateur à ses perceptions, il l’intègre à ses créations. Au gré de nos déplacements, nous avons été déformés, multipliés, colorés… déstabilisés ! On a tourné autour des œuvres, pour les voir par en haut, par en bas, par la gauche, par la droite… Il nous a même été « interdit de ne pas toucher » comme l’ont déclaré les artistes du collectif GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel). Le collectif Grav s’est constitué en 1960 à Paris autour de François Morellet, Joël Stein et Jean-Pierre Yvaral et de Julio Le Parc, Horacio Garcia-Rossi et Francisco Sobrino. Ce sont eux qui ont créé le fameux Labyrinthe de Grav, en 1963 pour la Biennale de Paris. Les 8 salles du labyrinthe ont été reconstituées et l’on imagine les réactions qu’il a provoquées à l’époque… 8 salles qui palpitent, s’activent, s’illuminent, se bousculent sous nos yeux ou avec nos yeux, nos oreilles et tous nos sens ! Sens dessus dessous !
Poétique… vient assez rapidement à l’esprit. Seule la poésie est capable de donner ainsi un autre sens à la réalité. Les titres des œuvres le sont : Licht-Raum-Modulator, Beyond the fans, Néons dans l’espace, Transchromie Mécanique, Spazio Elastico… L’imagination est à son comble, les sens sont en éveil… La vision est brouillée, voire occultée, pour laisser la place aux autres sens qui s’en trouvent aiguisés, et dès que l’on retrouve ses facultés, une autre œuvre vient de nouveau brouiller les pistes. Par exemple, la salle de Gianni Colombo « Spazio Elastico » nous plonge totalement dans l’obscurité pour nous révéler, à mesure que nos yeux s’habituent à l’environnement, une structure dessinée par des fils élastiques bleus lumineux. Le temps est suspendu quand le noir se fait autour de nous, reprend son cours lorsque l’on commence à percevoir la forme que les élastiques lumineux constituent et s’accélère lorsque nous retrouvons notre chemin… Jusqu’à la prochaine œuvre qui nous fera perdre nos repères… Illusions ou Manipulations ?
Physique… 4000m2 à parcourir, c’est assez physique d’autant que les œuvres ne laissent pas vraiment de répit. Fort heureusement, le parcours est bien étudié et les temps calmes alternent avec les temps physiques, des canapés sont disposés entre les différentes salles pour récupérer et repartir de plus belle, l’exposition n’en reste pas moins physique.
Mirifique… 4000m2, un siècle d’art, des œuvres incontournables qui n’avaient pas vu la lumière depuis bien longtemps, d’autres qui ont été créées spécialement pour l’exposition, comme celle dont je parlais au tout début de ce billet, le « brouillard sculpté » de Fujiko Nakaya, mais aussi trois miroirs concaves d’Anish Kapoor, le manège de miroirs de Jeppe Hein, et quelques œuvres de  François Morellet, Carsten Höller, Ann Veronica Janssens, le magnifique et monumental mobile de Xavier Veilhan, le décor des colonnades de la galerie sur la façade du Grand Palais de Felice Varini, qui prend tout son sens vu de l’intérieur… Hypnotique !

Un seul bémol, l’application pour Iphone ne nous en apprend pas beaucoup, elle permet simplement de prendre des photos… que je n’ai pas pu récupérer. En revanche, l’audioguide pour les enfants est très bien fait et Axel a appris plein de choses !
Allez-y, profitez de ce moment de luminothérapie, il est de toute beauté !

Dynamo est au Grand Palais jusqu’au 22 juillet.

Une rétrospective de pois.

Yayoi Kusama, Centre Georges Pompidou, novembre 2011.

Yayoi Kusama est une artiste japonaise née en 1929. Depuis 1977, elle a choisi de vivre dans un hôpital psychiatrique à Tokyo. Ses «installations» à base de libération sexuelle, d’accumulations répétitives et de critiques de la société ont souvent fait sensation, que ce soit en 1968 sur le pont de Brooklyn (happening anti-war), ou lors de la biennale de Venise en 1993 (elle y transforma le pavillon japonais en palais des glaces).
Toute petite déjà, Yayoi Kusama voit des pois partout. Pour dissiper ses troubles, elle est encouragée à poursuivre ses explorations artistiques. Ses pois sont devenus sa signature. Aujourd’hui Le centre Pompidou nous présente une rétrospective, la première en France. 150 œuvres réalisées entre 1949 et 2010, exposées de façon chronologiques, qui nous embarquent littéralement dans l’univers fantasque de l’artiste.
Dès l’entrée, on pense à Lewis Caroll et le pays des merveilles d’Alice : une table dressée pour le repas, des chaises, du petit mobilier de salle à manger, tout cela soigneusement recouvert… de pois multicolores, du sol au plafond, en passant par les assiettes et les verres. Le parcours se poursuit par des tableaux et sculptures. À l’entrée de chaque salle, on entend des Oh et des Ah, mais le plus réjouissant, ce sont les installations, qui nous immergent littéralement dans l’univers fantaisiste de l’artiste. Tous les sens sont en éveil et il est impossible de bouder son plaisir, en particulier si vous venez avec vos enfants : miroirs, lumières, formes, couleurs, tout est là pour faire perdre pied et on sort de là totalement ébouriffés !

Yayoi Kusama fait le pois à Beaubourg jusqu’au 9 janvier.

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